Exclusif : Lansade fait l’éloge de Sénéquier

La couverture du dernier numéro de notre magazine municipal aura un air de déjà vu à toutes les chères têtes blondes, présentes ou virées au poivre et sel : le premier dessin des albums des aventures d’Astérix et Obélix. Une intro que Jul, récemment de passage parmi nous, reprend avec délectation dans les Silex and the City. L’irréductible village gallo-provençal défend farouchement son isolement et ses croyances druidiques contre la horde des foules interlopes aux patronymes imprononçables venues d’outre-Alpes qui veulent imposer le culte olympien et a envahi les cités voisines trop timorées.

Une illustration destinée à valoriser l’article de la page 33 (certainement une référence à la technique médicale destinée à vérifier la bonne santé du patient, tout comme le contenu de Terre-Mer Magazine est destiné à tester la bonne santé mentale de ses lecteurs). Le titre est accrocheur « Cogolin, la ville la plus attractive du Var ».

On se précipite donc page 33 pour en apprendre plus. Une enquête a dû être faite par un grand institut ou un grand magazine. On a questionné les chefs d’entreprises, les responsables sociaux, les habitants du département. On a décortiqué les statistiques, les pourcentages et les tendances, les flux migratoires, les revenus moyens, la progression de l’emploi, de la préservation de l’environnement, de la qualité de l’éducation, de la richesse du tissu associatif.

Et que trouve t-on ? Les mêmes slogans que notre maire et son équipe rabâchent à longueur de discours. La délinquance diminue : chiffres, aucun sauf le doublement de la police municipale et le constat d’un « climat serein » (sans compter sur la dizaine de départs de feux de poubelles entre 11:30 et 12:30 la nuit du 16 au 17 Février sans interpellation).

Une ville accessible et embellie grâce aux places de parking (une énumération mais toujours pas de chiffres comparatifs entre avant et après) et une limitation de la publicité visuelle.

Enfin, l’activité commerciale (on nous dit que le ratio création/cessation est positif : pourquoi ne pas donner les chiffres annuels?) et l’animation culturelle (une animation, nous le reconnaissons à Colingo, qui est un succès de cette municipalité, même si culturelle paraît excessif).

Alors cet article ne serait encore qu’un énième plaidoyer pro domo sur la  grandeur de notre maire et de son action ?

Non, car, il semblerait que l’attractivité de notre ville se mesure par la hausse du nombre d’habitants. Le discours sous-jacent serait que les familles qui vivent hors de notre ville sont séduites par la sécurité, l’accessibilité et l’animation culturelle de Cogolin et viennent s’y installer. Et on nous cite un recensement d’octobre 2016 effectué par l’INSEE qui montre que la population de Cogolin est passée de 11 255 à 12 653 habitants entre Avril 2014 et Janvier 2017, soit une augmentation importante de 13%.

On passera sur un pourcentage calculé sur 31 mois et qui aurait pu être traduit en variation moyenne annuelle. Mais ce qui a intrigué l’un de nos journalistes, plus curieux que beaucoup, était qu’on prenait comme base un improbable mois d’Avril 2014 ; l’INSEE aurait-il calculé la population pré-élections municipales ? Et surtout que l’INSEE ait publié en Octobre 2016 le chiffre de la population  de Janvier 2017. A tout le moins, il s’agirait donc de prévisions, d’extrapolations. Notre journaliste curieux a donc chiné sur le site de l’INSEE pour chercher les chiffres avancés par la municipalité et a retrouvé les éléments mentionnés.

Comme des centaines de lois et réglementations font référence au nombre d’habitants de chaque commune, comme, chaque année, il y a des changements dans les limites des communes (notamment par le biais de la fusion de communes entre elles),  l’INSEE publie tous les ans, en fin d’année ce qui est appelé la Population Légale valide pour l’année suivante. 12 653 est la population légale de Cogolin à prendre en compte pour l’année 2017. Mais, compte-tenu de toutes sortes de vérifications, analyses et recoupements nécessaires pour l’établissement d’une carte de tout le territoire français, ces chiffres sont, en fait, les résultats statistiques de la population au 1er Janvier de 2014 comme l’explique le lien fourni plus bas et comme le démontre le tableau ci-après, copié du site de l’INSEE.

POPLEG T1 – Populations légales

  2009 2014
Population municipale 11 104 12 517
Population comptée à part 184 136
Population totale 11 288 12 653
  • Sources : Insee, Recensement de la population 2014 en géographie au 01/01/2016 – Recensement de la population 2009 en géographie au 01/01/2011

Quant au chiffre de départ que l’on peut déduire par soustraction des dires de Terre-Mer, il s’agirait de celui de la population statistique au 1er Janvier 2006.

Voici le tableau des dernières années, toujours extrait du site de l’INSEE :

Les chiffres trumpetés (à la manière de Trump!) page 33 sont donc les chiffres de la population de Cogolin entre 2006 et 2014. Et non, comme ils le prétendent entre 2014 et 2017.

Encore une fois, par simple ignorance ou en toute connaissance de cause (la bêtise côtoyant la désinformation, on ne sait jamais !), notre majorité municipale étaye ses victoires présumées sur des bases fausses. Et, ce faisant, elle vient offrir les lauriers de « la ville la plus attractive » à la majorité précédente. On supposera que Monsieur Dallari fera suivre ce billet à ses troupes.

Colingo, contrairement aux vagues données de référence de votre magazine municipal, vous donne le lien direct pour vérifier nos recherches :

https://www.insee.fr/fr/statistiques/2534314?geo=COM-83042

https://www.insee.fr/fr/statistiques/2534314?geo=COM-83042#documentation

Les feux de l’amour – Épisodes 1 à 5743 : L’Amour

Il y a quelques semaines avant de refiler la quenouille sarthoise, le volatile persifleur du mercredi nous a rappelé une petite histoire. Une histoire que notre gentil village provençal connaît bien mais que, dorénavant, toute la France, avide de gâteries indisponibles dans la plupart des magazines et introuvables sur aucune chaîne de télévision, aura pu savourer à loisir. L’histoire de l’Hippy Chic. Malheureusement, le Canard n’aura pas eu toutes les bonnes informations et, qui plus est, n’a pas relaté la chute, ou du moins, ce qui se présente aujourd’hui comme une chute.

Faites abstraction de tout ce que vous croyiez en savoir et laissez-vous donc conter l’histoire telle qu’elle s’est réellement déroulée.

Tout commence sur ces plages de Pampelonne, où, nous dit la légende, Dieu créa la femme. Là, un homme d’affaire avisé tenait un lucratif établissement de plage où, mêlant touristes lambda et jet-set estivale, Monsieur X (disons Jack Abbott) régentait son petit personnel comme tout bon capitaine d’entreprise se doit de faire. Advint une opportunité de développement avec la mise à disposition d’un autre établissement similaire situé sur la plage de la commune voisine. Certains, possiblement naïfs ou imbus de notions décadentes de démocratie, ont argué d’une mise en concurrence factice entre divers intéressés de la part de la mairie du lieu ; une hypothèse mise à mal par de multiples exemples où l’attribution de droits et privilèges se fait en extrêmement petit comité puis, sous couvert de vernis démocratique, présentée au conseil comme un fait accompli.

Jack rédige donc sa proposition de reprise du restaurant de plage sur la belle commune limitrophe, vantant son expérience et son entregent. Négligemment (les patrons sont souvent négligents envers le petit personnel!), il ordonne à son bras droit d’en faire une photocopie pour ses archives avant de la poster au 1 Place de la République. Jack pense que l’affaire est dans le sac (aucune intention érotique impliquée). Mais son bras droit  se trouve être une belle femme, Madame Y (disons Patty Wilson) qui est secrètement amoureuse de son patron. Lequel, au grand désespoir de Patty, ne voit en elle qu’une seconde efficace. Patty décide de faire une photocopie additionnelle du projet de Jack et, en changeant les noms, glisse une proposition similaire en tous points dans une enveloppe destinée au 1, Place de la République. Histoire de prouver à son patron (et secret amour) qu’en plus d’être une employée modèle, elle peut aussi lui faire la nique (toujours aucune intention salace dans cette expression).

Une fois passés les délais impartis, le bon locataire de la place de la République (appelons-le Victor, le bien-nommé), après avoir écarté une troisième offre aussi fantaisiste qu’inopportune, se retrouve avec deux propositions identiques. Victor connaît très bien Jack mais ignore qui se cache derrière le nom de Patty. N’écoutant que son grand cœur (pas encore malade), il décide d’enquêter et se dirige naturellement vers l’Épi Club, sur la plage de Ramatuelle du même nom. Tous les lecteurs reconnaîtront qu’il est difficile de traîner autour d’un bar en quête d’informations sans jamais rien y consommer. On attirerait rapidement l’attention, laquelle se transformerait, sans coup férir (pas de charge sexuelle ici), en défiance, méfiance et rejet de l’autre. Le danger des mojitos c’est qu’ils se laissent boire. Et un bon barman, en l’occurrence une bonne barwoman, sait comment inciter l’homme solitaire à enfiler un cocktail après l’autre. Abstenons-nous donc de jeter la pierre à Victor le bien-nommé, obligé, dans le cadre de son investigation, à couvrir son dessein par une consommation répétée. Les vapeurs d’alcool, reconnaissons-le ne l’empêchèrent pas, au fil de ses soirées, de découvrir que la gentille Mary-Jane qui officiait au bar de l’Épi Club n’était autre que la mystérieuse Patty, auteure de la seconde proposition de reprise de l’établissement mis en location. Il ne fallu guère plus de soirées à son esprit sagace pour deviner les motifs qui avaient poussé Mary-Jane alias Patty Wilson à envoyer une proposition concurrente. Victor, voyez-vous,chers lecteurs, est un chantre de paix et d’amour, un homme dont l’unique vocation est de rapprocher les hommes et les femmes dans un monde meilleur de félicité et il venait de trouver un exemple à donner à toutes les âmes sous sa responsabilité.

Par une de ses nombreuses facéties, que d’aucuns définissent de mauvaise foi comme des décisions surprises, Victor attribua la location à Patty Wilson. Ce qui, comme il s’y attendait, amena dans ses bureaux la venue furibonde de Jack qui croyait l’avoir dans la poche (pas Victor, la location). Le tête-à-tête des deux hommes est un morceau d’anthologie de la série télévisuelle de haute qualité. La vertu pacificatrice de Victor ramena Jack à plus de sérénité, puis, par ces paroles doucereuses et convaincantes qu’il sait si bien manier, il fit comprendre à Jack l’étendue et la profondeur de l’amour que Patty (alias Mary-Jane) lui portait, après des années de silence et d’espérance. Jack ouvrait les yeux sur un monde d’amour et non de concurrence acharnée, un monde de paix et non une relation tendue entre patron et employé, un monde de bonheur partagé, de convivialité apaisée.

On le sait depuis notre enfance, les contes de fée finissent toujours par un beau mariage. Victor y veilla personnellement. Ce que venait d’accomplir Victor pour Jack et Patty, il le ferait pour toute la population dont il avait la charge.

Prochainement sur vos écrans : Les feux de l’amour seconde partie

Un héros en séjour chez les Dieux

Les Cogolinois sont des gens heureux depuis qu’ils sont sous la protection des dieux de l’Olympe. En effet, Olympe est le nom donné par notre maire, Monsieur Lansade à la grande salle des mariages du rez-de-chaussée de notre mairie. Un choix judicieux s’il en est et qui dénote les relations privilégiées que notre héros entretient avec les dieux.

Avec Odin, d’abord le vieux dieu celte borgne qui a tout créé, l’univers et les hommes et que l’on associe à Cronos sur les rivages de la Méditerranée.

Avec Minerve, la déesse de la guerre et de la sagesse que son père, Zeus, avala pendant un temps avant de la recracher. Minerve est aussi la gardienne de la cité, celle qui défend sa ville de l’intrusion des peuples barbares.

Et aussi avec Aphrodite, la petite-fille du vieux Cronos dont on vante les grâces, les attraits, le sourire engageant, le doux parler, le soupir persuasif, le silence expressif et l’éloquence des yeux.

Les relations entre Odin/Cronos le vieux, Minerve la guerrière et Aphrodite la douce ne sont pas toujours des meilleures et notre maire essaie sans relâche de maintenir la cohésion familiale.

Et Olympe, nous direz-vous ? Mais c’est la quatrième génération ! Une enfant d’Aphrodite que notre conseil municipal a eu le bon goût de parrainer. Quel sens de l’anticipation politique chez notre maire ! S’attirer les bonnes grâces d’Aphrodite en baptisant du nom de sa fille notre salle des mariages.

A flatter les trois générations olympiques, à marquer, dès son jeune âge, la reconnaissance de la quatrième envers notre ville, Cogolin est bien en passe d’être bénie des dieux.

Monsieur Lansade pénètre dans l’Olympe mais n’est pourtant qu’un simple humain. Ne l’avons-nous pas vu si humain dans les deux vidéos qu’il a consacrées à l’expulsion des Roms il y a quelques mois ? N’avons-nous pas souffert avec lui en ce mois de janvier où Hadès a failli l’arracher à notre indéfectible vénération ?

Mais il est de la trempe des humains dont sont fait les héros. Sorti indemne de l’horrifique attentat meurtrier dont il fut la victime au nom de divinités exogènes, Esculape d’Ollioules vient de nous le sauver une autre fois. Nous, chanceux citoyens de la cité élue, devons saluer toujours et sans retenue les actes héroïques du premier d’entre nous mais devons aussi, amère dureté de l’humanité, nous souvenir toujours qu’il n’est pas éternel. .

Vive notre Donald Trump local !

Colingo Maire-Taire a le plaisir de vous présenter une revue de presse de notre excellent confrère Terre-Mer Magazine dont le numéro 12 vient de sortir. On remarquera, au passage, que le Petit Cogolinois de 2014 et ses 8 pages a été remplacé en 2015 par le Cogolin Terre-Mer d’une trentaine de pages, lequel a muté en 2016 en Terre-Mer Magazine qui affiche maintenant 44 pages. Si les habitants de Cogolin veulent connaître où passe une partie de leurs impôts, la pléthore d’auto-célébration de la revue municipale pourra leur donner une piste.

Dans l’avant-dernier numéro 11 (Novembre 2016-Janvier 2017), Monsieur le Maire n’avait pu s’empêcher de remplir une page entière pour réfuter les dires de la minorité du Groupe Dallari (qui lui, n’avait, concurrence aidant, droit qu’à trois-quart de page). Au moins s’applique t-il à lui même, le droit de réponse qu’il prétend ne pas avoir chez Var-Matin. Charité bien ordonnée commence par soi-même !

Dans ce dernier numéro, il récidive, mettant en contrepartie du mot des minorités, un autre long texte intitulé « Juste une mise au point » , agrémenté d’un autre texte de son adjoint aux loisirs et à la culture intitulé « Stop aux rumeurs ». Au moins Monsieur Garnier (le fiston, pour le père voir page 12) utilise correctement le pluriel. Monsieur Lansade, fâché, entre autres choses, par la règle du singulier-pluriel n’aligne pas moins de 5 points différents dans son article « Juste une mise au point » !

Que Messieurs Lansade et Garnier doivent venir réfuter l’acharnement médiatique et les rumeurs (ça ne vous rappelle pas quelque chose?) en dit long sur l’exaspération grandissante de la population.

Le morceau de choix dans le rétablissement de la vérité, façon Marc-Étienne Lansade, est consacré au fameux reportage de France 3 (voir notre billet « Vol au-dessus d’un nid de cocus »). Monsieur le Maire y reconnaît sa « naïveté » , son « erreur » et « comprend(s) que certains propos aient pu décevoir ou choquer ».

Étudions ensemble la tentative de défense de notre premier magistrat :

« trois semaines » pendant lesquelles l’équipe de reportage l’a suivi, ce qui l’a empêché de mener une vie normale. On l’a pourtant vu dans un conseil municipal et se réunir avec quelques membres de sa majorité autour de diverses boissons alcoolisées. On l’a vu tout excité par ce projet de « dinner in the sky » qui aura capoté avant même d’avoir réellement commencé. On l’a vu passablement énervé et prêt à en découdre avec un ancien adjoint de sa majorité passé à l’opposition.

Il nous explique que de ces 3 semaines, on en a retenu que 30 minutes. Et qu’il a eu « l’innocence » (peuchère!) « de croire que ses propos seraient respectés dans leur intégralité ». Diable ! Espérait-il nourrir à lui seul, un nouveau genre de télé-réalité ? Et que les spectateurs régionaux auraient eu le droit (et certainement le plaisir) de le regarder pérorer pendant 21 jours non-stop ? N’y-aurait-il pas là une nouvelle preuve de son ego surdimensionné ?

Des séquences coupées, évidemment ! « Hors contexte » ? Les techniciens de France 3 auraient-il déconnecté la bande-son de l’image ? « Des expressions maladroites », « des propos montés » ? De qui sont venues ces expressions, soit-disant maladroites et ces propos, soit-disant montés (nous dirions plutôt péjoratifs dégradants et qui reflètent correctement le mépris qu’il a envers ses administrés) ? Il n’y a absolument aucun commentaire sur cette émission, aucune voix off. Il n’y a aucune question du journaliste. Les seuls mots qui y sont prononcés sont ceux de Monsieur Lansade et, à peine, de quelques autres autour de lui.

« erreur de ma part d’avoir cru que les médias traditionnels pouvaient encore avoir la moindre valeur ». Après avoir dénoncé la presse écrite, voilà Monsieur Lansade dénonçant la presse audiovisuelle. Les médias traditionnels n’ont plus aucune valeur ! Monsieur le Maire monte sur l’agora et, tel un philosophe nietzschéen, proclame sa vérité. Pour l’avoir filmé et enregistré faisant et disant ce qu’il dit, la presse est vouée aux gémonies.

Allez, Monsieur Lansade, à force de naïveté, d’erreurs et d’innocence, de mots maladroits qui déçoivent et qui choquent, à force d’attaquer la presse et de mépriser votre opposition, vous êtes, sans conteste, notre Donald Trump…local.

D’honneur

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Le 11 Février, la maire de Plan de la Tour a reçu les insignes de Chevalier de la Légion d’Honneur. Salle comble au foyer des campagnes, nous informe notre quotidien régional (dont nous empruntons, mille excuses, le cliché). Le député, le président de la Communauté de Communes, les représentants de la Gendarmerie et des Pompiers, les maires des communes du Golfe et le sous-préfet.

Madame Florence Lanliard, élue en 2014 pour la quatrième fois au siège de maire de cette bourgade si proche de notre cité de Cogolin, devenait Chevalier de la Légion d’Honneur. Une femme « engagée, volontaire, rigoureuse ». Et ajoutons, parmi ses multiples qualités, celle d’être un très bon peintre dont nous vous proposons un exemple.

Les maires des communes du Golfe, disions-nous. Pas tout à fait. On ne doutera pas un instant que le maire de Cogolin, Monsieur Marc-Étienne Lansade ait été retenu, sur l’injonction pressante de ses médecins, de participer à une cérémonie qui aurait pu mettre à mal son grand cœur sensible. On le comprendra aisément.  Il peut, sans aucun souci, participer à l’élection de la Miss Cogolin, une sage réunion point trop exigeante sur les rythmes cardiaques. Mais il ne peut marquer par sa présence l’élévation par notre République (est-il besoin de le répéter ? de liberté, d’égalité et de fraternité) d’une de ses consœurs émérites.

Il aurait délégué, nous dit-on, une de ses adjointes : Madame Fati Fiandino. On connaît déjà l’art de l’esquive de Madame Fiandino, avant cela invisible lors du conseil municipal qui avait, entre autres vilenies, scellé le sort du terrain du Yotel pour sa transformation à vil prix en nouveau bétonnage littoral. Elle manquait encore à l’appel durant cette cérémonie de remise de légion d’honneur. Combien d’absences pour écoper d’un carton rouge ?

De l’Honneur ? Notons, encore une fois, qu’il n’y en a pas légion dans notre conseil municipal !

Petit additif à notre article « De la sécurité de nos enfants » sur les transformations de la place des boules, ou place Victor Hugo.

Dans le numéro 7 de Terre-Mer Magazine (Novembre 2015-Janvier 2016), page 7, notre équipe municipale déclarait : « afin de mettre notre patrimoine communal en valeur … la très belle fontaine sur le boulodrome a été dégagée de tout ce qui la dissimulait. Tout a été revu et repensé pour  …  une magnifique fontaine mise en avant ».

Dans le numéro 12 qui vient de paraître (Février-Avril 2017), on peut lire, au sujet de la même place Victor Hugo, page 6 « Les travaux ont permis de dégager un espace central sans obstacle par le déplacement de la fontaine » et plus loin «  le lavoir latéral  se substituera à la fontaine » et encore « l’installation à venir du bassin latéral … »

Comme nous l’avions déjà souligné dans un billet précédent (voir « Trop facile ! »), l’incohérence et l’incompétence de la mairie n’ont d’égal que le mépris affiché pour l’intelligence moyenne des Cogolinois et leur capacité à se souvenir.

En 14 mois, la « très belle » et « magnifique » fontaine « mise en avant » est devenue un « obstacle ». Plus fort encore, elle vient d’être en quelques paragraphes du même article tout à tour « déplacée », puis « substituée par un lavoir », lequel se transforme finalement en « bassin ».

Surtout, Monsieur le Maire, continuez votre entreprise d’enfumage massif ! Certains semblent encore vous prendre au sérieux.

De l’art de la bobine *

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Supposons que vous décidiez de vendre un bien immobilier qui ne vous appartient pas tout en vous assurant que les héritiers ne s’en rendent compte que trop tard. Voila comment le faire en sept étapes ; la recette nous a été confiée par notre bon maire de Cogolin, vous pouvez lui faire confiance, c’est un expert.

Phase 1 : Vous fermez le lieu public aux visiteurs pendant deux ou trois semaines (pas plus, car sinon on commencerait à questionner).

Phase 2 : vous vous rendez impromptu sur les lieux et demandez à voir le registre des visiteurs des dernières semaines. Vous vous exclamez : « Ah, aucun visiteur ! Mais c’est un scandale ! Libérez-moi ce lieu de tous ses meubles, ses objets, sa décoration. »

Phase 3 : Une semaine plus tard, vous traversez la rue, nonchalant et demandez à rentrer. Vous vous exclamez : « Mais ce bien public est vide, nous devons immédiatement le considérer comme vacant ! La loi nous y oblige ! ». Vous faites ratifier par le comité ad hoc qui est à votre botte.

Phase 4 : Passe une dame qui n’est pas d’ici et que nous nommerons, pour les besoins de la narration, Madame Surgelé. Elle toque à la mairie à la recherche d’un logement. A Cogolin on n’aime pas les sans-abris. On lui dit : « tenez, voici les clefs d’une maison abandonnée, utilisez-la pour le moment. »

Phase 5 : Madame Surgelé squatte la demeure vide et met son adresse sur la boite aux lettres pour pouvoir recevoir les papiers de l’administration qui s’occupe de la régularisation des migrants.

Phase 6 : Vous feignez d’apprendre qu’une migrante squatte un bien de la commune. Vous vous exclamez : « Non, cela ne va pas, nous sommes une commune sans migrant ! Nous l’avons promis à Marine ! Il faut régulariser cette situation au plus tôt ! ». Un comparse répond : »Oui, Monsieur le Maire, vous avez tout à fait raison ! Cependant on ne peut pas jeter Madame Surgelé à la rue ! Nous ne sommes pas sans cœur ! »

Phase 7 : Vous faites le grand seigneur magnanime, parce que c’est bon pour l’image de marque et vous dites : « Bon, pour cette fois, on va laisser passer et on va donner la maison à Madame Surgelé. Ça tombe bien parce que l’on ne savait pas quoi en faire ! ». Et vous faites ratifier la décision par le comité complaisant.

Les héritiers pleurent. Trop tard.

Ah ! en fait, certains héritiers ne pleurent pas ; au contraire ils trouvent que vous avez vraiment bon cœur.

* d’où les expressions : « embobiner », « se payer la bobine de quelqu’un » et « faire sa pelote »

Mea Culpa

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Nous sommes une grande majorité, ici, à la rédaction de Colingo Maire Taire à nous désoler des excessives critiques étalées dans nos articles passés à l’encontre de notre très cher Maire. Nous avons enflé hors de proportion les quelques bévues et petits travers de Monsieur Lansade et de sa formidable équipe municipale. Nous avons offert un zèle disproportionné à la ligne éditoriale, qui, nous le savons maintenant, avait été dictée par les intérêts d’un lobby militaro-industriel non dénué d’arrière-pensées. Oui, nous serons assez humbles pour reconnaître que la récente présentation des vœux dans la salle du centre Maurin des Maures nous a dessillé les yeux.

On nous avait dit que le maire était détruit, que les réactions à son conseil municipal du 15 Décembre avaient eu raison de son gros cœur sensible, que la séance de vœux avait été annulée parce qu’il n’osait plus affronter l’opposition grandissante. On avait même murmuré qu’il arriverait à la séance de rattrapage de ce 31 Janvier défait, hagard et amaigri, précédé d’un déambulateur et harnaché d’une bonbonne d’oxygène. Quelle gifle cinglante à tous ces colporteurs aigris, ces nabots cabots aboyeurs, ces pisse-copie de V-M ! On dit que c’est dans l’adversité que se révèlent les Grands Hommes. Quel meilleur exemple que celui donné par Monsieur Lansade mardi dernier. Il était là fringant et, dirions-nous, primesautier, plus conquérant que jamais !

A ses côtés, alignés comme pour une revue des troupes, tous les boutons de guêtre. Aucun manquant, aucun terni, non, tous là aussi rutilants et brillants, aussi inutiles qu’en 1870. Madame Patricia, la seule féroce opposante que Monsieur Convert avait trouvé à interviewer (voir « Vive la pluralité de la Presse ») fut célébrée comme une Hélène de Troie, comme une prise de guerre.

Devant, un aréopage de célébrités du Golfe de Saint-Tropez et toute une fournée de Fréjus, une foule endimanchée dont Monsieur le Maire, semblable à un chambellan récitant les titres des nobles entrant dans la salle de réception, égrena les noms et positions municipales. Nous sommes désolés de n’avoir pas retenu le nom  du dix-septième adjoint de Truc-en-Chose venu, par sa seule présence, démontrer, s’il en était besoin, que le prétendu boycott n’était qu’un vain mot.

Monsieur Lansade émut la salle entière en rappelant qu’il avait miraculeusement échappé l’an passé aux injonctions de meurtre lancées par l’État Islamique (voir « A l’image de sa sainteté ? »). Pour mieux se faire happer par une crise cardiaque le 3 Janvier. Mais sauvé, encore un miracle, par son médecin cardiologue (un registre de pétition est ouvert à la mairie pour le nommer, après Clemenceau et De Lattre de Tassigny, visiteur illustre de notre belle cité, mais surtout, n’en parlez pas autour de vous, c’est une surprise).

Oui, notre belle ville était, grâce à lui, plus sûre, plus belle et plus riche. Plus sûre, car, sans s’appesantir, il rappela l’horrible vision de tout ce sang répandu, tous ces cadavres dans les caniveaux de notre ville que nos concitoyens voyaient en se levant tous les matins du temps de l’ancienne municipalité. Aujourd’hui, il pouvait se vanter des prouesses vespérales effectuées par nos services de voirie. Plus sûre, le démontraient les effectifs imposants de la Gendarmerie et de la Police Municipale, dûment motorisée à l’extérieur de l’enceinte et la présence des barriques à bière aux nuques rasées de la garde rapprochée du FN Varois à l’intérieur, prêtes à en découdre avec le moindre terroriste contestataire. Plus riche comme le témoignait le nombre grandissant de commerces autour de la Place de la République temporairement fermés pour travaux et rénovation. Plus fleurie, s’exclama-t-il dans un grand mouvement vers la droite en direction des 22 potiches à ses côtés. Plus belle et plus sûre depuis qu’à la Place Victor Hugo on avait supprimé cette fontaine meurtrière (voir « De la sécurité de nos enfants »), si belle qu’on avait préféré laisser vierge et immaculée la nouvelle place des boules pour effectuer le récent championnat dans les hangars communaux. Plus riche, lui l’expert immobilier devait-il l’expliquer aux grincheux marchands de biens, tout ébahis de ces nouvelles statistiques dont ils n’avaient jamais entendu parler. Plus sûre avec son prochain nouveau système de vidéo-surveillance et ses 50 caméras.

C’est bien simple, un voyageur de l’âge de pierre, disons circa 2013 qui n’aurait vu en Cogolin qu’une de ces villes dévastées par la guerre, la famine, la violence et l’immunité des détrousseurs de grand chemin ne reconnaîtrait pas aujourd’hui le havre de fraternité, de richesse et de volupté que Monsieur Lansade avait créé grâce à son dévouement total, son abnégation et son empathie.

Et combien l’année qui s’ouvrait viendrait encore enrichir, embellir et sécuriser notre commune ! Au cœur de la ville, la verrue qui enlaidissait le visage gracieux de notre centre-ville serait remplacée par les doux attraits méridionaux importés de Levallois-Perret. Sur la place de la mairie, un kiosque à journaux serait autorisé à diffuser Var-Matin tout autant que le Petit Impertinent. Plus loin une maison de la santé regrouperait 48 professionnels mais pas un seul  hydrothérapeute car elle ne risquerait pas de s’engloutir dans les eaux du Rialet. Sur la reprise anticipée du port, nous devons reconnaître n’avoir pas bien saisi comment la ville allait gagner de l’argent même si elle était amenée à en perdre, mais nous faisons pleinement confiance en l’ingéniosité du colonel Smadja, un cavalier financier émérite issu de la célèbre école du cirque des Balkany. Et, enfin, perle des perles, Roger Dim avait si bien compris les désirs de notre édile que son plan pour créer à l’hippodrome un petit coin de paradis répondait à tous les critères établis par le bon Dieu lui-même. On garderait soigneusement les pins parasols déchiquetés de la seconde guerre mondiale, on assimilerait les mètres carrés goudronnés de chaussées, de trottoirs et de parking à de la verdure pour minimiser l’emprise environnementale.  Il y aurait du logement pour tous, des dizaines de femmes de chambre et de serveuses de mojitos formées pour l’excellente maison d’hôte Sellier, une école de Marine, pardon des métiers de la mer. Une école primaire et, nec plus ultra, l’ineffable magicien, l’alter ego de Monsieur le Maire.

Messieurs Giraud et Cordé s’en vinrent trouver Monsieur le Curé pour lui demander de plaider en leur nom afin de revenir dans le giron qu’ils n’auraient jamais dû quitter. Monsieur Dallari s’empressa de faire la bise à Madame Penchenat pour lui demander la démarche à suivre pour obtenir un strapontin. Les sympathisants de l’Association de défense du Yotel organisèrent sur le champ une Assemblée Générale Extraordinaire afin de rebaptiser leur groupement « Chantons l’hippodrome ». Même les ayatollahs post-soixante-huitards de Place Publique auraient défenestré le pauvre José Maria et élu Monsieur Masson leur président à vie.

Oui c’était l’heure de gloire pour Monsieur notre Maire ! Enfin, disons la petite demi-heure de gloire que lui concédaient ses médecins. Presque la moitié de la salle applaudissait à tout rompre les merveilles accomplies et les miracles à venir. Et il n’y a qu’une seule chose qui a fait se lever unanimement tous les présents : l’hymne national.

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De la sécurité de nos enfants

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La fontaine au milieu de la place des boules, place Victor Hugo a disparu (voir notre article précédent « Un sportif à deux boules »). On se souviendra que la raison de son escamotage avait été explicitée dans un article publiée dans Var Matin en Septembre dernier. Dans cette entrevue, Madame Audrey Troin, adjointe déléguée à l’urbanisme avait déclaré au journaliste :

« Le déplacement de la fontaine est avant tout dicté par souci de sécurité. Les enfants qui courent sur la place risquent de se heurter à la fontaine actuellement. »

Bien sûr, le sujet était sérieux. On imaginait des dérapages de patins à roulettes, des chocs frontaux de skate-board, des arcades sourcilières sanguinolentes, des boules de pétanques lancées par des incapables venant rebondir sur les parois et atterrir dans un occiput enfantin. Des gamins suivant des yeux leur cerf-volants se fracasser le nez sur la fontaine. On imaginait des nourrissons proprement noyés dans la vasque, des mères en pleurs se tirant les cheveux devant leurs bambins ensanglantés, enfin bref, une hécatombe honteusement tolérée par l’ancienne équipe municipale et à laquelle il fallait coûte que coûte (350 000 euros!!) remédier.

Nous avons donc envoyé nos meilleurs stagiaires faire un recensement exhaustif de tous les crimes commis par la fontaine Victor Hugo durant les dix dernières années. Ils ont épluché les entrefilets de la presse locale, ont consulté les registres d’intervention de la gendarmerie nationale, ont vérifié les journaux de bord de la police municipale. Rien ! Que dalle, Nada, Macache bonbon, Nothing, Bernique, Walou, Nib ! Pas un accident sérieux recensé ! C’était à ne pas y croire ; la majorité municipale n’avait pourtant pas l’habitude de sortir des statistiques de risques, dangers et violences de son chapeau pour justifier ses dépenses !

Nous en étions là de nos réflexions quand on nous a informé qu’un enfant avait été heurté par un véhicule devant l’école Chabaud. Les parents d’élèves et les enseignants s’étaient émus de l’affaire et une délégation avait réclamé un ralentisseur à la mairie. On les avait rembarré en prétextant du coût exorbitant.

Un ralentisseur était trop cher pour les finances mais une rénovation à 350 000 euros d’une place qui n’avait rien demandé à personne venait d’être justifiée pour les risques occasionnés aux enfants par une fontaine ? Alors qu’aucun accident sérieux n’avait été relevé. Bizarre ! Jusqu’à ce que l’on constate comment avait été aménagée la nouvelle place Victor Hugo.

Et là, le comité de rédaction de Colingo, toujours vigilant à ne transmettre à ses lecteurs que des faits soigneusement avérés, tient à préciser que le dialogue qui va suivre n’est pas une transcription verbatim. Le journaliste en charge de l’enquête a dû suppléer l’absence d’enregistrement sur bande magnétique de la conversation par un peu d’imagination. Mais l’essentiel y est :

L’adjointe (A) : Bon, et vous me débarrassez de cette fontaine, hein !

Le maître d’œuvre (MO) : OK, pas de problème, je note.

A : Et pour les arbres, c’est quoi votre idée ?

MO : On les préserve. Autour on installe un de ces nouveaux matériaux qui permet l’évacuation des eaux de pluie, un nettoyage facile. Ça s’intégrera bien avec le gravier de la place, sans dénivelé.

A : Ah non, c’est pas bon. Il faut mettre des bordures.

MO : Euh ? Bon ! Des bordures rondes, alors.

A : Non, pas rondes. Carrées. En pierre rugueuse avec des angles bien aigus et coupants.

MO (surpris) : Ah, je note. Et comme hauteur ? 5/10 centimètres ?

A : Mais vous y êtes pas du tout. Des bordures comme ça, c’est casse-gueule pour les petits vieux. Eux ils sont déjà abonnés aux services médicaux, pas besoin d’en rajouter ! Non, il faudrait plusieurs rangées de pierre, disons sur 70 ou 80 cm de hauteur.

MO : 80 cm, vous ne pensez pas que c’est un peu haut ? Ça ne va pas être très esthétique.

A : C’est pas votre problème. On dira que c’est du style provençal ! Ça passe toujours ce genre de réponse… Alors vous me mettez plusieurs rangées avec un petit joint de mortier en retrait pour que les morpions, ils puissent insérer le bout de leur tennis hein. Mais pas trop régulier ! Il faut qu’ils puissent grimper mais que ça ne soit pas trop facile. Vous comprenez ? Et rugueuses, les pierres, hein ! Pour les genoux ! C’est tendre les genoux !

MO (dubitatif, en notant sur son calepin) : 80 cm !!!!

A : Ouais, enfin, je vais pas être chatouilleuse hein ! Pas trop haut pour que les mouflets aient envie de monter dessus et assez haut pour que s’ils tombent, hein, vous voyez, la loi de Newton !

MO : En pierres, plusieurs rangées, ça va augmenter le coût de revient !

A : Ah, on s’en fout du prix ! Il nous faut du solide, du rugueux, du coupant … du dangereux !

MO : Mais attendez ! Les gens ils vont se demander pourquoi on fait des trucs aussi hauts ?

A : On dira que c’est pour empêcher les chiens de pisser sur les troncs !

MO (admiratif) : Ah ben ! C’est pas pour rien que vous êtes adjointe au maire !

Voyez-vous, chers lecteurs, il ne faut pas croire que la municipalité prend des décisions comme cela, en l’air, pour se faire plaisir. Il y a une logique. Et, en l’occurrence, il faut relier ce réaménagement de la place Victor Hugo à la construction, toute voisine, d’une maison de la santé. Trois étages, une foultitude de bureaux à la location. Il faut bien trouver des professionnels de la santé disposés à s’y installer. Et pour qu’ils se décident, il faut leur donner des statistiques intéressantes, des projections encourageantes. La population de seniors ne posait pas de problème majeur puisque l’installation de résidences est un axe majeur de la politique urbanistique de notre cher maire. Mais il y avait un déficit sérieux côté enfants. Si on voulait y écouler des litres de mercurochrome, des mètres de sparadrap, des kilos de plâtre pour les fractures, si on voulait faire venir une psychologue formée au traitement des mères de famille affolées, voire  un chirurgien spécialiste de la reconstruction faciale, il fallait des assurances de croissance régulière de chiffre d’affaires.

Maintenant, si vous avez lu l’article de Var Matin dont nous avons repris un passage ci-dessus, tout indiquait que Monsieur le Maire et Madame Troin voulaient  réduire le nombre d’accidents enfantins sur la Place Victor Hugo. Mais c’est que vous faites encore confiance aux articles de Var Matin, têtes de buses ! Notre bon maire vous l’a déjà révélé : les journalistes de ce torchon (voir notre article « Déni de presse ») veulent sa peau et n’hésitent pas à déformer ses propos. Vous voulez un autre exemple de désinformation propagée par Var Matin ? Dans ce même article, Madame Troin aurait déclaré : « D’ailleurs, les tours d’arbres seront également modifiés. Ils seront discrets et plats. Ils ne représenteront plus de blocs ni d’obstacles . »

CQFD ! Dans ce cas les propos de notre adjointe à l’urbanisme ont été outrageusement renversés. Elle ne prétendait pas réduite les accidents, elle voulait les augmenter ! Elle ne les souhaitait ni plats, ni discrets, ces tours d’arbres : allez donc voir par vous même !

Erreurs de casting

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Nos lecteurs se souviendront peut-être (la mémoire est si volatile!) qu’au printemps dernier, l’égérie intemporelle de Saint-Tropez s’était offusquée de la tenue d’un salon de la chasse dans notre paisible bourgade. « C’est scandaleux ! » avait écrit notre Marianne de celluloïd, dans une lettre ouverte à notre bien-aimé Maire, « Vous n’êtes qu’un opportuniste en recherche de voix électorales ensanglantées ». Des mots durs adressés à celui qu’elle «avait cru son ami». On savait notre ancienne icône nationale  passée à une droite extrême après avoir fait fantasmer des millions d’adolescents et d’hommes à travers la planète par sa sensualité et ses tenues légères. Qu’elle s’en prenne aussi durement à notre édile nous navre et nous désespère. Mais que l’on se rassure, BB n’est plus qu’une vieille gloire rancie du cinéma de nos grands-parents et la modernité filmique de notre siècle se trouve aujourd’hui dans les home-movies qui prolifèrent sur You Tube. De la même manière, Saint-Tropez est « has-been » et Cogolin est « in ».

En témoignent, s’il en était besoin, les vidéos à répétition que Monsieur Lansade publie sur le site internet de la mairie comme sur sa page Facebook officielle (voir la filmographie complète sur allociné.fr). Brigitte Bardot fait partie d’un siècle révolu, Marc-Etienne Lansade se projette dans le futur rayonnant du cinéma. Un cinéma sans fioritures : plans fixes, unicité du personnage, caméra tremblotante, flous artistiques.

Il s’était aussi lancé dans le péplum moderne. Le péplum moderne c’est comme un péplum hollywoodien avec beaucoup de figurants muets, mais moderne parce que les scènes ne sont pas costumées. Nous voulons parler, les lecteurs l’auront compris, des séances du conseil municipal que tout bon citoyen de notre ville pouvait visionner à ses moments préférés. Au début, dans la salle Maurin des Maures, le cameraman se permettait un vrai travail de mise en scène, des travellings plongeants, des prises de vue multiples. Mais Monsieur le Maire voulait plus un cadrage plus serré et choisit l’exiguïté de la Bastide Pisan ; on dut se contenter de plans fixes et de quelques zooms avant. L’affaire se corsa quand un acteur voulut ravir la tête d’affiche à notre glorieux maire. Monsieur Cordé avait certes du mal à mémoriser ses longue tirades, avait une scansion déconcertante à ne pas respecter les pauses imposées par les points et les virgules de son texte. Mais une certaine fraîcheur naissait de ces passes d’armes entre nos jeunes premiers. Un duel entre Marlon Brando et James Dean ! Ne nous laissons pas emporter par ces comparaisons peut-être excessives, disons entre Dany Boon et Benoît Poelvoorde. Trop de  dialogues, trop d’antagonisme ! s’exclama Monsieur le Maire. On lui coupa le micro, puis on lui coupa l’image. Les séances du conseil seraient filmées mais ne seraient pas mises en ligne. Monsieur Lansade venait d’inventer ce concept incroyable : le cinéma invisible. On filme mais on ne diffuse pas. Quand on vous disait que le maire de Cogolin était venu pour révolutionner le cinéma !

La polémique cinématographique conceptuelle ne s’arrêtait pas là.  Ainsi a-t-on entendu à plusieurs reprises  Monsieur le Maire traiter ce compagnon de liste, tourné opposant véhément, comme une « erreur de casting ». Qui avait donc fait le casting, au début de 2014, pour mener cette épopée flamboyante du renouvellement du personnel politique de notre ville ? Monsieur le Maire, comme toujours modeste et humble, en accepte la responsabilité. Mais, s’il en était la tête d’affiche, l’acteur principal, à la fois le réalisateur, le metteur en scène il ne pouvait cumuler au point d’être aussi le responsable du casting ! Monsieur Lansade, nous voulons des noms ! Que soit dénoncé au public celui ou celle qui a murmuré à votre oreille le nom de ce trublion qui risque de transformer la belle comédie d’amour que nous vivons avec vous en un sordide mélodrame ou un vaudeville de portes qui claquent ! Que le coupable s’avance, celui qui a recruté tous ces supplétifs du spectacle ramassés à la va-vite et qui maintenant vous quittent, les uns après les autres, vous laissant seul devant les caméras!

Le jour où je serai Miss Cogolin

L’ancien brigadier-chef de la police municipale de Cannes, Eric Masson, aujourd’hui premier adjoint de notre bonne cité a dû lire le très bon livre de David Lelait-Helo sorti cet automne et qui s’intitule : Quand je serai grand, je serai Nana Mouskouri (éditions Anne Carrière – 17 euro). On ne sait qui le lui a offert mais certainement quelqu’un qui lui veut du bien.

On sait par contre que Monsieur Masson a eu des déboires professionnels à la suite d’une sombre erreur présumée sur son bulletin de paye. Les services comptables de la ville de Cannes refusant de considérer comme heures de service ses prestations durant la campagne municipale de 2014, il aurait eu un comportement inacceptable pour le conseil de discipline qui a décidé sa révocation. Devenu premier adjoint, Monsieur Masson a fait appel de la décision, appel rejeté aux dernières nouvelles. Quelques-uns de nos lecteurs se seront sans doute étonnés que notre bon maire garde à ses côtés une telle personne quand il somme d’autres membres du conseil municipal de démissionner pour des faits non avérés mais c’est méconnaître les subtilités du code d’éthique du Front National.

En effet, après l’échec des départementales où Monsieur Masson avait été choisi, notre maire avait décidé d’éviter une visibilité trop encombrante à son premier adjoint et lui avait préféré Madame Audrey Trouin comme colistier lors des régionales. Monsieur Masson n’aurait pas apprécié cette mise à l’écart et il avait fallu lui offrir le premier prix de photographie de la ville de Cogolin pour rasséréner son ego mis à mal.

Pourtant à l’aise dans l’énoncé des propositions (celles trop techniques pour que Monsieur Lansade s’en occupe) présentées lors des conseils municipaux, le premier adjoint n’avait pas particulièrement brillé lorsqu’il dut remplacer le maire au pied-levé. Il avait, de même, été boycotté par Monsieur Giorsetti pour présenter le projet immobilier dit de « l’hippodrome » au forum de l’immobilier à Saint-Tropez en septembre. En bref, il semblerait qu’il n’était plus en odeur de sainteté et on le lui faisait savoir.

Lorsque de nouveaux soucis de santé privèrent le maire de la présentation des vœux début janvier, Monsieur Masson y avait vu enfin l’occasion de briller en société puisque le premier-adjoint était le remplaçant naturel en l’absence du maire. Mais il faut croire que la méfiance s’était installée dans l’esprit de Monsieur Lansade et quand Monsieur Masson vint lui réclamer des explications, il lui aurait répondu : « si tu veux te pavaner sur les estrades de Maurin des Maures, t’as qu’à te présenter au concours de Miss Cogolin ! » C’était une fin de recevoir cinglante pour le premier adjoint qui avait été, jadis, plein d’espoir sur son ascension politique et qui, plus récemment, fantasmait sur un scénario possible de retrait de Monsieur le Maire.

Devrait-on lire dans cette saillie la remise en place d’un subalterne trop pressé ? Ou le conseil illustré de modérer une image un peu trop machiste en la compensant avec l’expression libérée de son côté féminin ? Avoir rangé l’arme de service au profit d’un appareil photographique n’avait-il pas été suffisant ?

Quoiqu’il en soit, la boutade fit, on s’en doute, le tour du petit landerneau front national. On ne s’y apitoyait pas beaucoup sur le sort de Monsieur Masson mais on saluait la verve truculente de Monsieur le Maire comme  un signe favorable à sa rapide guérison.

On supposera que, par le biais d’âmes charitables, Monsieur Giraud prit connaissance de l’affaire. Tout comme il  peut citer Cicéron dans le texte il sait aussi parfois se comporter comme Brutus (Tu quoque mi fili). L’altercation à la sortie de la cérémonie de Cavalaire aurait-elle commencée par la mention de cette prochaine candidature de Monsieur Masson au titre de Miss Cogolin ?

Au final, malgré la présence de Messieurs Giraud et Cordé, Monsieur Masson n’était pas sur l’estrade vendredi dernier. Dommage, nous aurions pu avoir une miss qui soit vraiment de la commune !

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