Orange clignotant : danger

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Du méga-projet de révision globale du plan de circulation dans notre bonne ville, ne restait que l’installation de feux tricolores à l’angle de la Poste sur l’avenue Clemenceau. Finalement au cours de ce mois de novembre, on les a vus patiemment se mettre en place. Puis ils commencèrent à clignoter en orange avec, depuis l’avenue Sigismond Coulet, une double flèche autorisant les véhicules à poursuivre sur l’avenue des Mûriers alors qu’un panneau sens interdit avait été maintenu. On ne peut pas penser à tout, non ? On aura signalé cette incongruité aux services concernés et le panneau fut retiré.

Enfin vint le grand jour où les sémaphores furent mis en service. Et là ce fut la pagaille. De longues files de véhicules remontaient lentement les avenues Clemenceau et Coulet créant des embouteillages jusqu’aux ronds-points. Le grand jour passa et les feux revinrent à l’orange clignotant.

Cet exemple visuel qui a touché les automobilistes et les piétons de Cogolin est une belle métaphore concrète sur les méthodes habituelles de notre bon maire. Un exemple patent et tangible de tous les projets lancés par la municipalité, parfois avec un luxe de détails dans la revue communale, souvent avancés en catimini dans les officines afin de mettre le conseil municipal et la population devant le fait accompli.

Comme les déclarations mensongères de son modèle, Donald Trump, l’homme orange, lui-aussi, Monsieur Lansade avance ses certitudes alternatives et ses contre-vérités avec un aplomb qui pourrait emporter l’adhésion des plus crédules.

Son altruisme, son souci du bien public, ses décisions toutes dirigées vers le bonheur de ses administrés ; poudre aux yeux et échafaudages imaginatifs.

La liste est longue de ses intempestives décisions prises sans analyse sérieuse, sans consultation et dommageable pour la cité qu’il dirige. Le feu tricolore est visible, ça ne fonctionne pas et crée plus de problèmes qu’il ne prétend en solutionner. Les autres décisions prises en dépit du bon sens (mais peut-être pas sans de savoureuses retombées financières pour les comparses, fournisseurs, entrepreneurs privés et autres) sont moins visibles aujourd’hui mais le seront demain si rien n’est fait pour les freiner et les arrêter.

Les projets urbanistiques, terrain de chasse favori de Messieurs Lansade et Smadja viennent en première ligne : la résidence de luxe pour seniors promis sur le terrain de l’ancienne Maison Peirin dont on nous a conté tant de mensonges quant à la propriété réelle et qu’il a bien fallu admettre au dernier conseil qu’ils étaient inventés. Le déplacement d’un supermarché destiné à libérer le terrain pour d’autres projets tandis que la nouvelle implantation allait créer des problèmes écologiques et de circulation. La maison de la santé sans place de parkings. Le projet de lotissement sur Notre-Dame des Anges où existent risques miniers et environnementaux. Le chapiteau du magicien et l’aire de jeux privatisée en zone rouge inondable à Port-Cogolin. La privatisation masquée de la demeure Sellier, passée sans mesure de musée à hôtel. La reprise anticipée des Marines de Cogolin pour laquelle la commune décharge la société gestionnaire de toute responsabilité sur les conséquences écologiques et financières des travaux à entreprendre. La création d’une régie autonome qui permet à la majorité de refuser toute information légale et financière aux représentations de l’opposition. La commercialisation des places de bateaux effectuée dans le plus grand désordre par une entreprise incompétente. La location provisoire du terrain ex-Yotel à des entreprises inexistantes qui s’empressent de sous-louer. Le projet de l’hippodrome sans appel d’offre, déguisé en projet écologique alors que l’augmentation de la population et du trafic routier n’a pas été considéré à sa juste mesure, sans revenir ici la déplorable bétonisation du dernier grand espace vert du littoral. La création de la ZAP qui laisse toutes les franges péri-urbaines à l’urbanisation galopante.

Et tous les autres petits mensonges, parfois anecdotiques mais révélateurs d’un profond mépris pour la réalité : la carte de vœux du soleil levant alors qu’il s’agit d’un coucher de soleil, l’invitation aux habitants de participer aux conseils municipaux alors qu’on leur en restreint l’accès par diverses mesures quand on ne boucle pas littéralement la salle comme le honteux conseil de décembre 2016, le prix de la meilleure photographie organisé par la mairie et gagné par le premier adjoint, la disparition de la fontaine sur la place Victor Hugo sous de fallacieux prétextes, les Miss Cogolin qui ne sont pas plus cogolinoises que monsieur le maire ne l’est, les postes de police municipale inoccupés, l’exposition Trans’Arts renommée Renaissance juste avant de disparaître, les pages de publicité mensongère étalées dans de fugaces journaux soit-disant impertinents ou soit-disant gratuits, l’invraisemblable fausse mise en concurrence du restaurant de la plage, le testament manipulé des époux Sellier et combien d’autres dont Colingo a fait ses délices et que l’opposition a tenté de dénoncer.

Habitants de Cogolin, le feu orange clignotant est le symbole de la gestion municipale actuelle. Décisions précipitées, absence d’analyse préalable, absence de concertation, erreurs répétées, objectifs cachés, dilapidation du bien public. Mettez un feu rouge permanent aux actions et décisions aux conséquences plus lointaines et moins visibles avant qu’il ne soit trop tard !

Entre vents et marées

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Le seigneur de Cogolin, devenu chevalier de l’ordre de Saint-Louis, avait été retenu longuement par la rédaction de son rapport au ministre de la marine. Aussi ne fut-ce que plusieurs jours plus tard que les enfants eurent l’opportunité de lui réclamer la suite des aventures de l’Endormie (voir le billet « Un sabordage au cœur de la tempête ».

L’Endormie était la proie des vents, des vagues et de l’impéritie de son commandant. Plus personne ne savait à quel saint se vouer et une partie de l’équipage menaçait de fomenter une mutinerie pour prendre la direction du navire en dérive et mettre son commandant aux fers, ou même le jeter par- dessus bord.

C’est alors que sortit de la cambuse un jeune matelot qui était jusqu’alors resté si taciturne que personne ou presque ne connaissait son nom. D’une voix forte, il se planta devant le commandant et, s’adressant tout autant à lui qu’aux candidats mutins, il tint à peu près ce discours : « Ce n’est pas quand le navire est en danger que nous devons changer les règles de commandement. Nous sommes à mi-course de notre voyage de retour et nous devons nous unir pour lutter contre les éléments et reprendre le cap ».

L’apparition de ce marin intrépide, promu, séance tenante, lieutenant temporaire par le commandant  dissuada, du seul effet presque magique de sa détermination, toute tentative de l’équipage pour s’en prendre aux délires de leur capitaine. Une fois la tempête passée et les principales avaries réparées, le bruit courut les coursives que le marin en question était un cadet d’une vieille famille morlaisienne, la seigneurie de Kersaliou, petit domaine entre Roskoff et Saint-Pol de Léon, berceau de fameux marins dont l’un venait de donner à la couronne cette île australe nommée Île Bourbon. Gustave Flaubert, bien plus tard, dans un livre méconnu et, il faut le dire, mauvais, Par les champs et par les grèves, livrera en quelques mots plutôt maladroits, ses impressions du manoir, son portail fortifié, son échauguette et sa cour close.

Les langues allaient bon train pour savoir si cette graine de chouan s’était tenue cloîtrée dans la cuisine pour une peine de cœur, une dette de cabaretier ou un différend familial. Toujours est-il qu’il avait sauvé le navire comme il croyait que l’imposait son devoir de marin.

C’était méconnaître l’âme fourbe du freluquet de commandant qui, à l’encontre de tout principe, s’attribua la paternité de la reprise en main de la situation contre la tempête et la chiourme conjuguées. Il minimisa la part prise par le cadet breton à l’intervention heureuse d’un bon marin discipliné. La naïveté de notre jeune et furtif héros était telle qu’il revêtit de son paraphe une déclaration dithyrambique sur la maîtrise et le courage de son commandant, déclaration soigneusement concoctée, qui en douterait, par le sombre sbire dont nous avons parlé dans le précédent billet.

Vouloir sauver un navire en perdition est une noble cause ; blanchir la sulfureuse réputation d’un capitaine incompétent et hypocrite en va tout autrement. Sans doute devrions-nous mettre sur le compte de la jeunesse de notre cambusier cette absence de discernement. Aurait-il agi différemment, quelques décennies plus tard, le cheveu blanchi par le sel des croisières, le visage tanné de tant de campagnes et le cœur endurci par les exemples de la duplicité humaine ? On pourrait l’espérer mais, en vérité, nul ne le sait.

Le vieux Jacques de Cuers, dans sa position, et même dans le secret de l’alcôve où s’endormaient ses petits-enfants se garda de communiquer la morale de cette histoire. Que la mutinerie, parfois, est le seul moyen de respecter ses principes.

Le piquant de cette histoire (dont il est de coutume de préciser, que sa ressemblance avec des faits réels et des personne existantes ne serait que pure coïncidence) réside bien des siècles plus tard.

A notre époque contemporaine, l’héritier du domaine de Kersaliou, Christian de son prénom, tenaillé par les problèmes financiers inséparables de la gestion d’un si ancien et coûteux patrimoine, est aux prises avec un couple d’aigrefins, promoteurs immobiliers et vils ambitieux pour qu’il leur cède la grande partie littorale du domaine. Promesse de vente est signée. Les compères, dont nous tairons ici les noms, prévoient d’y créer un vaste complexe moderne avec marina afin d’attirer la plus sélecte clientèle et transformer ainsi le paisible et pittoresque village en une destination de la jet-set internationale. Le pauvre Christian, est pris d’une soudaine repentance envers le futur annoncé de la destruction de son domaine. Il pense aussi au changement drastique qu’apporterait ce projet dans la vie de la population dont il sent qu’il a toujours, ne serait-ce que spirituellement, la charge. La sentence de cette volte-face de dernière minute est terrible : il meurt assassiné.

Comme nous le disions, toute ressemblance, et patati et patata !

Pour ceux de nos lecteurs qui douteraient de la véracité de nos propos, nous leur conseillons de visionner l’histoire, certes romancée, de cette tragique méprise dans une mini-série télévisée emmenée par l’impayable capitaine Marleau, un capitaine qui n’hésite pas à rompre avec les codes pour faire jaillir la vérité.

Paradise Papers

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Vous avez certainement lu, ces dernières semaines, les manchettes des principaux journaux du monde entier ou vu les actualités télévisées et les reportages d’enquêtes révélant les turpitudes fiscales de la reine d’Angleterre, d’un conseiller du premier ministre canadien, d’un célèbre coureur automobile et de bien d’autres. Plus de 13 millions de papiers confidentiels, on imagine bien que le consortium international des journalistes d’investigation ne publie que les meilleures feuilles, focalisant leur attention sur les célébrités et dédaignant les obscurs embrouilleurs.

Heureusement, votre site local préféré, Colingo Maire-Taire a relevé une petite affaire qui concerne de près notre charmante bourgade.

Tout commence (nous voulons dire « officiellement ») lors de la séance du conseil municipal du 15 décembre 2014. Dès le début, la majorité annonce que les projets d’aménagement de la zone connue sous le nom de Yotel prendront un certain temps. Aussi, « afin de limiter le coût de gardiennage et de surveillance des lieux », une société s’est gentiment proposée pour l’occuper à titre précaire. Une longue précarité cependant, puisque établie sur 3 ans  du 1er Janvier 2015 au 31 Décembre 2017. Le loyer est fixé, sans qu’on en sache très bien le calcul, à 600 000 euros pour les 3 ans.

Cette société est présentée comme la SEMP dans le texte de la délibération sans plus d’explications.

SEMP sont les initiales de la Société d’Exploitation Marina Paradise.

Il se trouve qu’à ce moment-là, le 15 Décembre 2014, la société en question n’existe pas ; peut-être à Panama, mais pas en France. Elle ne sera créée que presque deux mois plus tard, le 9 Février 2015.

Il faut encore moins de temps (avant le 20 Janvier 2015 pour être précis) pour que la SEMP, société qui n’existe pas encore, sous-loue les 13 hectares à la société Homair Vacances, un spécialiste renommé du camping et mobil-homes, basé à Aix-en-Provence et gérant 128 sites dans 5 pays.

La Chambre Régionale des Comptes dans son rapport questionne la raison de ce bail précaire et de la clause permettant à la SEMP une sous-location. Le texte dit exactement : « le changement des termes du contrat pour permettre au locataire de sous-louer le site sans contrôle de la commune offre à son locataire l’occasion de percevoir une marge sur la sous-location, ce qui apparaît contraire aux intérêts de la commune ». Même sous le langage administratif habituel, voici une suspicion pour le moins clairement formulée !

La municipalité est tenue de répondre aux remarques de la Chambre des Comptes même si, dans la réalité, elle semble s’en moquer totalement. La réponse de la mairie vaut qu’elle soit elle-aussi notée : « l’objectif de la commune était [gardiennage et surveillance], non une valorisation optimale de son patrimoine. Le choix s’est porté sur le mieux-disant ».

Vous avez bien lu : la commune ne cherche pas une valorisation optimale de son patrimoine ! Les habitants de la commune apprécieront à sa juste valeur une telle désinvolture. Quant à la notion de mieux-disant, précisons qu’à notre connaissance, il n’y a pas eu d’appel d’offre sur cette location !

Le « mieux-disant » était la SEMP, cette société en devenir qui n’a pas mis longtemps à trouver un opérateur pour sous-louer à une entreprise professionnelle importante (ou, peut-être l’avait-elle déjà sous le coude ?). Que Monsieur le Maire, qui se targue d’être un expert en questions immobilières et d’avoir parmi ses amis des oligarques russes, n’eut pas connaissance de l’existence de Homair Vacances pour traiter directement avec eux soulève un certain nombre de questions et des doutes sérieux sur ses prétendues expertises et la qualité de son entregent.

Nous ne savons rien de cet accord de sous-location puisqu’il est établi entre deux entités privées. Gageons que le propriétaire de la SEMP a fait une pirouette appréciable ; plus adepte de l’optimisation de son portefeuille que d’autres.

Trois ans plus tard, la fin du bail approche à grands pas et le premier agglo du projet écologique dit de l’hippodrome n’est pas encore posé. Monsieur Lansade, toujours avec la même prédilection pour ne pas vouloir optimiser le patrimoine dont il a la charge temporaire, cherche à relouer le terrain en attendant de voir pousser la forêt tropicale qu’il nous fait miroiter.

Ah, mais certainement, après des années d’apprentissage, Monsieur le Maire a-t-il pris langue directement avec Homair Vacances ou l’un de ses concurrents ?

Ce n’est plus un bail mais une convention d’occupation précaire. Et la durée ? Trente-six mois, oui, cela ressemble beaucoup à 3 ans ! Et le prix ? 200 000 euros par an, oui c’est assez comparable à 600 000 euros sur 3 ans.

Eh bien non, il veut signer avec la société Var Gestion qui a contacté (sic) la mairie. Nouvelle venue, plus agressive et « mieux-disante » ? Eh bien non, le propriétaire de cette société Var Gestion est le même que celui de la SEMP. Et, cerise sur le gâteau : à la date où Monsieur Lansade fait voter son projet au conseil municipal le 26 Octobre 2017, la société Var Gestion n’existe pas.

Voila ! A Cogolin, nous n’avons pas besoin de passer par le Panama ou les Îles Caïmans pour optimiser le patrimoine communal. Remarque de la Chambre des Comptes ou pas, notre gentil maire récidive. Ce qui est certain c’est que l’heureux propriétaire de SEMP et de Var Gestion, lui, en connaît un rayon pour optimiser ses relations ! Il n’a d’ailleurs pas attendu la signature de son nouveau contrat pour transformer le Camping en Hôtel Club 2 étoiles ! Il a laissé tomber le « Paradise », allez savoir pourquoi !

Un sabordage au cœur de la tempête

Bien avant l’ordre de l’amiral Jean de Laborde en Novembre 1942, un commandant de la flotte de Toulon à la retraite, le chef d’escadre Jacques de Cuers racontait à ses arrière-petits-enfants l’histoire suivante.

Comme il advenait trop souvent durant les balbutiements de la marine royale, dans la première jeunesse de Louis XIV, le commandement du navire « L’endormie » avait été confié à un jeune aristocrate sans expérience par la reine-mère, régente du royaume, sur les conseils pressants du cardinal. Services rendus, complaisance, liens familiaux, nécessité de trouver une occupation brillante et lucrative à un rejeton embarrassant, que sais-je.

L’Endormie n’était pas un vaisseau de grande taille et comptait ses années  mais elle avait fière allure avec son château-arrière élevé comme une colline surmontée de sa tour de vigie et sa proue fièrement dirigée vers le large. Le freluquet, frais arrivé au port, dut composer son équipage car aucun, sauf un, des anciens marins ne voulut s’enrôler sous son commandement. Ses officiers en second, il les choisit pour l’essentiel entre d’obséquieux courtisans locaux grisés par l’espoir de prestiges et de prébendes. Quant aux marins, des gabiers à la chiourme, ils furent réunis à la va-vite sur les marchés locaux, le zèle suppléant souvent à l’expérience. Complétaient l’équipage, un triste prélat de messes basses qui partageait la cabine du commandant ainsi qu’un scribe inquiétant et omniprésent qui tenait les registres, qu’ils soient officiels ou non, et prétendait, de temps à autres, se mettre au gouvernail.

Avec une superbe sans cesse renouvelée, le jeune commandant haranguait son équipage, promettant de faire de l’Endormie un navire célèbre pour ses victoires et son endurance et de ses marins des hommes reconnus pour leur bravoure. Elle fit partie de diverses expéditions qui allaient écumer les côtes barbares et les ports détenus par des nations ennemies. Lorsqu’un pillage succédait à la canonnade et que les équipages enfiévrés se jetaient sur la ville en rapine, on soupçonnait le commandant de prélever une part du butin au détriment des coffres de la couronne. Il pouvait parader dans son bel uniforme et, en dépit de sa propension à outrepasser les limites de la boisson, tenir le crachoir lors des agapes organisées au lendemain des victoires. Mais les autres commandants de la flotte, marins expérimentés pour la plupart, voyaient combien erratiques étaient les manœuvres de l’Endormie, virant à bâbord et tribord sans raison, hissant l’ensemble de sa voilure à contre-temps et faisant tonner ses canons sans mesurer sa distance de l’objectif et la faible portée de son artillerie. L’arrogant hobereau pouvait donner des leçons mais n’en appliquait aucune à sa propre conduite ni à celle du bâtiment dont il avait la charge.

Il advint qu’il dut faire relâche dans un port pour réparer les dégâts tout autant causés par le feu ennemi que par ses propres erreurs tandis que les autres navires continuaient leur route. Une partie de l’équipage craignant pour leur vie, profita de cette halte et déserta, la nuit venue, à bord d’une chaloupe. D’autres demeurèrent à bord mais incitaient le reste des matelots afin de les convaincre de mutinerie.

Réparations succinctes effectuées, vivres et boissons montées à bord et avec un équipage restreint, l’Endormie mit voile vers son port d’attache. Au lieu de suivre les routes habituelles le long des côtes et loin des périls de la haute mer, le commandant décida d’une course plus directe mais aussi plus dangereuse en cette saison de l’année. Environ à mi-chemin, une violente tempête le surprit au large. Le navire prenait l’eau. Au lieu d’organiser la réparation des voies d’eau, le commandant ordonna de jeter par-dessus bord tout ce qui représentait, selon lui, des poids inutiles. C’est ainsi que l’on vit tomber à la mer les instruments indispensables à la bonne marche du navire mais non les cassettes de florins et d’écus que le prêtre et le scribe conservaient par devers eux.

En proie à une exacerbation de ses lubies et de ses phobies, persuadé que, malgré les incertitudes, sa bonne étoile le maintiendrait en vie, il crut reconnaître un bateau pirate à l’horizon. Alors que l’Endormie tanguait sous les coups de boutoir de la mer en furie, il ordonna une cérémonie sur le gaillard arrière : pour éviter l’arraisonnement par ce bateau fantôme, il fit descendre le pavillon aux trois couleurs, signe de son allégeance à la régente et arbora un fanion aux couleurs d’une nièce royale dont il était secrètement amoureux. Pour le sauver de l’impétueuse tempête, espérait-il ainsi remplacer la protection que semblait lui refuser la sainte-patronne par celle prodiguée par une dulcinée en exil.

Devant tant d’ineptie et un comportement toujours plus imprévisible, voyant l’imminence de la destruction, l’un de ses sous-officiers, finalement, éleva une protestation officielle et exigea un changement de cap afin d’éviter les écueils vers lesquels se dirigeait inexorablement le navire laissé à la dérive des courants et des vents. D’un geste coléreux, le capitaine lui arracha les galons de sa tunique et lui ordonna de prendre place sur le banc des rameurs. Les autres officiers en étaient abasourdis et les marins maugréaient sur le pont et dans les soutes. Pourrions-nous encore sauver notre peau avec cette mer en furie et cet incapable aux commandes ?

Le vieux seigneur de Cogolin était fatigué et voyait les paupières de ses arrière-petits-enfants se clore de sommeil. « Je vous raconterai la fin de l’histoire la semaine prochaine, il est temps d’aller au lit. »

Aux urnes, citoyens !

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Dans notre billet mis en ligne début Août, « Retour de la démocratie ? », nous nous félicitions de la décision prise par Monsieur le Maire de donner la parole aux habitants de Cogolin sur le devenir de la maison Sellier. Nous avions même suggéré que la municipalité fasse appel aux habitants pour lui proposer des idées et des souhaits afin d’alimenter la réflexion des élus. Colingo ne commettra pas l’outrecuidance de penser que sa suggestion ait pu, d’une façon ou d’une autre, retenir l’attention, mais force est de constater que c’est bien à un concours d’idées que procède la mairie comme on peut le lire pages 14-15 de la dernière revue municipale.

Nous ne reviendrons pas sur les méandres contradictoires qui ont amené Monsieur Lansade à cette consultation. La privatisation était une idée d’un élu Front National, l’appel au choix démocratique est une idée d’un divers droite sans étiquette et restons-en là. Contentons-nous de souligner que les services municipaux ont fait le maximum pour que les Cogolinois participent à ce projet. Nous avons en ligne un document détaillé des lieux, nous avons un planning précis des différentes étapes : dépôt des propositions, commission, sélection des trois projets finalistes, vote républicain. Nous ne pouvons donc qu’inciter tout le monde à y participer pour démontrer que la consultation populaire n’est pas un vain mot.

Un bémol cependant sur le programme. Outre les temps très courts pour élaborer des projets solides et argumentés (ils devront être déposés au plus tard le 29 Novembre), nous nous étonnons de la composition de la commission de sélection. En effet, nous y trouvons 9 membres dont 5 élus de la majorité municipale emmenés par Monsieur le Maire. Connaissant les automatismes imperturbables de ses adjoints et conseillers, Monsieur Lansade a donc l’assurance de pouvoir sélectionner les projets de sa préférence personnelle, quelle que soit l’opinion des autres membres sélectionnés.

Nous espérons donc ne pas avoir à choisir entre trois projets de privatisation et transformation en hôtel boutique et que Monsieur Galabert ou Madame Picard ne reviennent pas par la fenêtre. Il y aurait là tromperie sur la marchandise et nous faisons confiance aux quatre membres minoritaires de la commission pour avertir la population si les dés venaient à être pipés.

Le sous-titre page 14 de Terre-Mer Magazine « la Demeure Sellier est et restera un bâtiment communal » ne doit pas suffire à rassurer la population. Un bâtiment communal appartient à la commune mais il faut distinguer entre un bien communal public et un bien communal qui peut être loué et entièrement privatisé. Aujourd’hui, la maison Sellier est un bien communal non public, ainsi en a décidé la majorité municipale lors du Conseil Municipal du 20 Octobre 2016. Cette délibération n’a pas été annulée et le lieu n’est pas revenu dans le patrimoine public de la commune.

Ainsi, à tous ceux qui, par manque de temps ou manque d’expertise ne songent pas à déposer un « projet » dans les urnes mis à leur disposition à la mairie, à la médiathèque, au COSEC, à la bastide Pisan ou à l’Office du Tourisme, nous les incitons à mettre simplement un petit mot réclamant le retour de la demeure Sellier dans le domaine public. Par ce geste, ils signifieront à la commission leur attachement au patrimoine architectural et culturel de notre cité.

Les urnes seront ouvertes aujourd’hui même ; vous avez une petite quinzaine pour passer par l’un de ces points et y déposer votre contribution, petite ou grande.

Les deux visages de Monsieur Hyde

Notre homme n’était qu’un parfait inconnu il y a quatre ans. Puis, il est entré dans le château familial par la porte de service. En un rien de temps, il était porté aux nues par pas moins de trois générations. Tout disposé à servir de chevalier servant à l’héritière présomptive du domaine afin de conquérir les bastions sudistes de leurs projets d’annexions. Il avait bien révisé le bréviaire de la communauté :  Gobineau, de Maistre, Édouard Drumont, Charles Maurras. Entendons-nous bien, il n’a pas lu les classiques, il a survolé internet. A défaut d’idéologie, on pouvait louer son désir de plaire. Prestance, bagout, énergie, étaient les qualités recherchées, bien plus que les convictions profondes. Autant le reconnaître, on manquait cruellement de volontaires.

Notre homme fera l’affaire.

Quelque peu désappointé par le choix opéré par les instances suprêmes ; il aurait préféré quelque chose de plus grand, de plus prestigieux. Mais la Côte d’Azur lui sied, Saint-Trop lui rappellera Split avec son offre d’animations éclectiques et nocturnes, lui permettra des rencontres avec les stars en goguette, des promoteurs rapaces et des entremetteurs discrets.

Le village qui lui échut est un petit bled paumé et peu reluisant ; il le confiera peu après son arrivée à la bande de bras cassés qui l’accueille comme le messie en personne. Triste spectacle, il est vrai, que ces rues désertes, ces détritus qui enlaidissent une bourgade déjà sinistre en soi, ces boutiques poussiéreuses de prêt sur gage, ces bancs où végètent à longueur de journée ensoleillée de vieux maghrébins silencieux.

Mais il fait le boulot ; il serre des mains, il visite les maisons de retraite, il fait semblant de s’intéresser aux querelles ressassées contre la municipalité pantouflarde. Il promet. Des lendemains qui chantent, une sécurité permanente des citoyens, des travaux d’envergure pour embellir les rues principales. De l’animation à gogo. Il se fait le chantre d’une tradition provençale exhumée des fantasmes vichystes, d’une patrie chrétienne plus proche de l’Action française que de Vatican II.

Une fois élu, il donne des gages à ses sponsors. Jeanne d’Arc fleurit dans des discours commémoratifs, la mère supérieure est reçue avec faste à la mairie et Olympe pointe son petit nez dans la salle de la mairie. Il copine avec son collègue de Fréjus, fait signer une charte contre les migrants, se met en scène sur un terrain débarrassé des nuisibles, et probablement voleurs, gens du voyage. Il rechigne à faire avancer les projets de la communauté de communes, carcan insupportable de la main-mise étatique. Roitelet plutôt que porte-plume.

Puis viennent les désillusions. Le grand-père ronchon qui ne veut pas décrocher, l’arrivée d’un mélenchoniste iconoclaste dans les petits papiers de la cheftaine, la pitoyable performance de la reine-mère, la perte d’une majorité locale aux législatives et le retrait de la belle, morale et intelligente égérie. L’allée royale s’estompe, les titres de gloire s’évanouissent et les espoirs de promotions s’effondrent. Notre homme se retrouve dans un placard, un placard où son appartenance au clan font se braquer sur lui les projecteurs. Des projecteurs utiles auparavant et maintenant nuisibles pour mener à bien l’autre objectif qu’il s’est fixé : multiplier les projets immobiliers, sa passion.

Alors, il se dépouille de ses habits princiers et reprend la défroque du petit maire de droite sans étiquette d’une petite bourgade sans importance. En espérant que les médias locaux et nationaux le laissent en paix. Que, dans l’ombre retrouvée, il puisse continuer à jouer au monopoly inversé avec la commune. Son avantage : il tient la banque. Trois maisons ici, une résidence là, un complexe pseudo-écologique par ci, un hôtel-boutique par là. Combien la rue de la Paix ? je vends ! Combien le terrain des Champs-Élysées ? je vends ! Combien le port ? J’achète ! Comment je ne peux construire sur la case « plage » ? Je louerai donc ! Et là, c’est déjà trop bâti ? Je n’ai rien à faire avec vos règles ! Là, il y a une promesse d’achat ? Qu’importe, entre-temps j’offre une convention d’occupation précaire !

Notre homme fait des affaires à défaut de faire l’affaire.

Pourvu qu’il ne tombe pas dans la case Prison !

Un an déjà ! Un an de plus?

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Colingo Taire-Maire fête son année d’existence. 52 semaines de présence, 60 articles publiés. Nous n’avons été que rarement en peine pour trouver un angle intéressant chaque semaine aussi remercions-nous du fond du cœur Monsieur le Maire et toute son équipe pour leur ingéniosité répétée à nous offrir, parfois sur un plateau d’argent, de quoi alimenter notre modeste contribution à l’action municipale sous toutes ses formes.

Nous l’avions annoncé dès la création, notre objectif était « de mettre en valeur les faits et gestes de notre maire et de son équipe ». Mais nous avions aussi précisé que nous voulions être un journal satirique et irrévérencieux. Nous avons essayé au fil de cette année écoulée de respecter ce double engagement, avec plus ou moins de bonheur.

Nous avons glané, petit à petit, des abonnés et des « j’aime » sur la page Facebook. Que ceux qui se sont manifestés en soient ici remerciés. Que ceux qui nous lisent et restent silencieux le soient aussi. Nous avons parfois suscité des réactions opposées ; c’est le jeu de la démocratie et des réseaux sociaux. Notre motivation initiale était de nous manifester contre l’opprobre d’avoir, à la tête de notre commune, un maire et une équipe du Front National . Mais il s’avère que, plus encore que son étiquette politique (quoiqu’il en dise depuis peu), c’est l’atmosphère délétère des affaires menées dans le plus grand secret et en l’absence totale de contrôle de la part de l’opposition et des citoyens de la ville qui nous inquiète et nous fait craindre pour le futur. Cabinet de l’ombre, compromis de vente des biens publics sans appel d’offre, utilisation de sociétés inexistantes ou sans expérience dont on ne sait qui se cache derrière. Des mensonges en forme de demi-vérités, égrenés pour justifier l’injustifiable, des aboiements contre chacun et tous ceux qui osent élever la voix pour questionner, réfuter et, finalement, dénoncer. Les prises de décision sans réflexion, sans étude préalable, sans mesurer les conséquences autres que les gros sous qui pourraient tomber dans une escarcelle ou une autre. Une fuite en avant au niveau budgétaire qui risque de pénaliser les finances communales pour des années à venir.

Et ceci nous amène à la deuxième partie du titre de ce billet. Le gouvernement est en train d’étudier la possibilité de jumeler les élections municipales avec celles des régionales et des départementales. L’objectif affiché est d »éviter la multiplication des élections, un élément estimé par certains comme démotivant pour l’exercice de la démocratie participative. Si ce projet aboutit, les mandats municipaux actuels qui devraient se terminer début 2020 seront étendus d’un an, soit jusqu’au printemps 2021. Au lieu de six, cette équipe au pouvoir à Cogolin aura sept ans pour continuer ses turpitudes. Monsieur Lansade continuera à faire ses petites salades dans le dos de la communauté une année de plus. Et comme le temps pressera plus encore pour tous ses faramineux projets bloqués par son incompétence, cette gestion risque de se transformer en bérésina absolue pour l’avenir des Cogolinois. Il faut regrouper les bonnes volontés et, au lieu de subir passivement, mener l’offensive sur tous les fronts (sans jeu de mots). Et, à ce propos, Colingo n’a pas souhaité ouvrir de polémique avec son article sur l’opposition. 60 articles, un seul sur l’opposition et tous les autres contre la majorité municipale ; nous ne nous trompons pas d’adversaire. Il se trouve que l’opposition municipale est la seule opposition élue. A ce titre, tous les citoyens cogolinois, même ceux qui ont pu voter en son temps pour Monsieur Lansade, espèrent d’elle une attitude exemplaire et intransigeante. Nous ne remettons pas en cause la qualité des personnes qui la constituent mais nous déplorons ce qui paraît un manque d’énergie et de persévérance. Nous serions ravis qu’elles nous démontrent le contraire. Comment est-ce possible que les deux dissidents, dont nous ne partageons guère les positionnements idéologiques, font plus de bruit que l’opposition officielle ? Comment se-fait-ce que Sauvons le Yotel pour ce qui les concerne et Place Publique plus largement montent régulièrement au créneau et ne soient pas soutenus, relayés et appuyés plus ouvertement par les conseillers de l’opposition ? Toutes les bonnes volontés qui s’opposent au dépeçage pernicieux et systématique de notre patrimoine devraient oublier ego et intentions politiciennes pour que cette parenthèse annoncée de 7 années ne devienne le boulet des prochaines majorités et des futures générations.

Et pour terminer, il nous est difficile de croire qu’aucun des colistiers de Monsieur Lansade ne soit pas rongé de remord de lui avoir fait confiance, choqué par ses actions, torturé par son soutien à des entreprises néfastes pour leur commune. Qu’ont-ils à gagner à maintenir la fiction de leur accord ? Les plus braves sont partis, les plus couards n’apparaissent jamais aux conseils. Ceux qui restent, qui ne parlent jamais et ne lèvent jamais la main, ceux-là n’auront-ils pas à rougir demain de leur triste passivité ? Il est encore temps : Errare humanum est, perseverare diabolicum, auraient dit Sénèque et Saint Augustin.

La magie des explications qui se mordent la queue

Ceci pourrait être un conte à dormir debout, mais, par la magie de notre bon maire, cela devient une parabole ubuesque de sa mauvaise foi.

Allan Dickens nous quitte. Deux étés que le magicien opère à côté du parking de la plage de Cogolin. Le grand prêtre du temple d’Apollon jette l’éponge avec les foulards, les chapeaux et les lapins blancs. C’est, il est vrai, que le temple avait les pieds dans l’eau !

A la lecture du dernier article sur le sujet paru dans Var-Matin (édition du 20 Octobre), on ne peut que donner raison à Monsieur le Maire lorsqu’il déclare, devant les récriminations  des parents, « (s’) il y a un incident, on me reprochera à juste titre de ne pas avoir fait mon travail ».

C’est bien notre seul point d’accord avec Monsieur Lansade dans ce dossier.

Revenons en arrière. Au printemps 2016, la mairie annonce en fanfare, avec clairons et trompettes et une débauche d’affiches, la venue du magicien sur la plage de Cogolin. Qui a coulé les plots ? qui a payé la publicité ? la question reste ouverte.

Monsieur José Maria va inspecter les lieux où s’édifie le disgracieux « chapiteau » et se fend d’une interview dans le journal local (édition du 26 Avril 2016). Fidèle à ses habitudes, il y dénonce que l’emplacement d’une structure en dur enfreint le règlement du PLU et est en zone rouge du PPRI. Les spectacles n’ont pas encore débuté ; il est encore temps de faire machine arrière. Mais il faut croire que dès cette époque notre gentil maire, ses adjoints, conseillers et autres affidés ne lisent déjà plus l’honni Var-Matin.

petit manuel d’interprétation (fig. 1)

Il faudra attendre plus d’un an, en Juin 2017, pour que les services de l’État (la Direction Départementale du Territoire et de la Mer) viennent constater de visu que les installations du magicien sont bien en zone rouge du PPRI, rouge pour les risques d’inondation. D’où procès-verbaux d’infraction. Questionnés, les services de la mairie affirment que l’autorisation temporaire était en zone blanche et que c’est le magicien qui a déplacé son Temple d’Apollon vers la zone rouge. Même un gardien de camping aurait réagi un peu plus rapidement si un campeur avait installé sa tente sur un autre emplacement que celui qui lui avait été assigné.

L’infraction dûment constatée n’entraîne nullement l’annulation de la concession temporaire, ni les séances de magie, ni les jeux de l’aire pour les enfants, alors même que, pour tous, et en particulier pour la mairie, ils sont en zone rouge. A croire que, durant tout ce temps, Monsieur le Maire ne se préoccupe nullement de la sécurité des spectateurs et des enfants. Il faut donc attendre la fin de la saison et surtout la fin de la concession, le 30 septembre 2017, pour apprendre que le magicien ne reviendra pas sur le terrain concédé depuis deux ans par la mairie.

Monsieur Lansade s’exclame avec la surprise d’un homme qui vient de découvrir un lapin dans son chapeau, que le soi-disant temple ou chapiteau n’est pas esthétiquement compatible  avec son projet de bord de mer : 18 mois pour en arriver à cette constatation évidente pour un habitué de l’Hippy Chic !


petit manuel d’interprétation (fig. 2)

Monsieur le Maire dresse finalement un procès-verbal d’infraction le 18 Septembre 2017, soit plus de trois mois après que les agents de la DDTM l’aient notifié. Interpellé sur ce délai, son éminent directeur de cabinet de s’offusquer que ses services n’étaient pas au courant de l’implantation illégale : on croit rêver !  Et d’ajouter, vrai pince-sans-rire, qu’ils sont submergés de permis de construire à instruire ! S’il y a tant de permis de construire, il devrait se plaindre à son patron !

Et dans l’édition citée en début d’article, notre bon maire de « découvrir » que ce n’est pas possible de maintenir des activités publiques en zone inondable ! Euh, Monsieur le Maire, ça fait combien de temps qu’on vous l’avait déjà dit ! Vous, le grand manitou spécialiste des affaires fluviales dans notre belle ComCom !

petit manuel d’interprétation (fig. 3)

On pourrait s’arrêter là, mais non, le plus comique reste à venir.

Pourquoi ne pas déplacer le temple/chapiteau/structure inesthétique sur la fameuse zone blanche soit-disant assignée initialement ? Euh, ben non, parce que ce serait s’installer sur le parking ! Ce n’est pas envisageable, répond-il, sans sourciller !

Donc pour résumer : le maire ordonne au magicien de planter sa tente sur le parking ; le magicien n’en fait qu’à sa tête, il plantera son temple sur le sable ; le maire et ses services sont incapables de s’apercevoir que la structure magique est sur le sable et non sur le parking ; le spécialiste des cours d’eau pense, malgré les avertissements, puis les injonctions de l’État, que les spectateurs du temple et les marmots de l’aire de jeu en 2017 ne prennent aucun risque ; puis il nous dit que c’est la faute du magicien, de la pléthore de dossiers de permis de construire auto-générée ; puis qu’on ne peut pas laisser construire une structure disgracieuse sur le parking public ; et que la sécurité des enfants est trop importante en 2018 pour permettre qu’ils s’ébattent en zone rouge.

Incompétents, dites-vous ? Incompétents seulement ?

L’arrière-grand-père d’Allan, Charles de son prénom, avait dénoncé en son temps les méfaits de la révolution industrielle dans l’Angleterre du XIXe siècle. Ses écrits ont ému les populations et ont généré des réformes sociales et économiques d’ampleur. En reprenant les mésaventures de son descendant putatif, il pourrait ajouter aux aventures de David Copperfield un chapitre savoureux et sordide sur l’outrecuidance mensongère de certains édiles, prêts à dire tout et son contraire. La population saura-t-elle en tirer les enseignements ?

Mais que fait l’opposition !

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Le dernier conseil municipal (du 14 septembre) était plutôt morne et la séance de questions-réponses entre l’opposition et la majorité a tourné comme d’habitude à un dialogue de sourds. Sur les Marines de Cogolin, Monsieur le Maire a renvoyé ses adversaires à la Régie mise en place par la municipalité, le conseil d’administration de la dite Régie étant constitué, au cas où vous l’ignoriez, du maire lui-même et de deux de ses adjoints les plus fidèles : un organe ouvert et pluridisciplinaire comme il y en a peu. Une pirouette de plus de celui qui vient de prétendre se refaire une virginité en abandonnant le parti qui l’a amené à la place qu’il occupe aujourd’hui.

Au lieu de s’entêter à poser des questions auxquelles ils devraient s’habituer à n’avoir aucune réponse satisfaisante, il nous semble que l’opposition devrait faire un peu de travail de son côté. Les grives ne tombent pas toutes cuites, il faut aller les dénicher, pourrait leur rappeler Monsieur Giraud .

Ainsi n’a-t-il fallu à Colingo ni accès à des informations confidentielles, ni grande sagacité, ni filatures nocturnes pour découvrir quelques faits surprenants sur la société sélectionnée par la mairie pour la commercialisation des places de bateaux pour les nouvelles Marines. Faits publiés dans notre billet d’il y a deux semaines : « Yin et Yang sont dans un bateau ».

Colingo Maire-Taire a choisi l’humour, la dérision et le décalage pour dénoncer les petits travers et les vilenies de Monsieur Lansade et de sa clique d’admirateurs béats. Il est parfois approximatif, et, dans ce cas, l’éminent chef de cabinet ne manque pas de le faire remarquer. Dans le cas contraire, il préfère se taire. Nous lui en sommes aussi reconnaissants. L’opposition officielle devrait être le fer de lance de contre-enquêtes sérieuses sur les faits et les dires de notre premier magistrat. Elle s’inquiète souvent mais il suffit, aussi souvent, d’une réponse-pirouette de Monsieur le Maire pour qu’elle reste coite.

Alors, à ceux qui ont la comprenette un peu rouillée, nous allons traduire en termes clairs ce que nous avons écrit il y a quinze jours. Ce que nous avons trouvé en nous contentant de parcourir Internet, un lieu jonché de fausses informations, mais pas toujours.

Yin et Yang (que Var-Matin avait traduit phonétiquement par YinYong, ce qui nous a occasionné pas mal de recherches infructueuses) est la société sélectionnée pour la vente des garanties d’usage des Marines pour le compte de la Régie créée ad-hoc par la Commune. Yin et Yang est une société unipersonnelle, ce qui signifie qu’elle a un seul et unique propriétaire et non deux comme peut le faire croire son nom de baptême. Créée en Juin 2015, son objet social était, jusqu’à peu, la commercialisation de biens immobiliers. Son propriétaire a différentes autres activités, dont une société dont l’objet social est le commerce de détail de chaussures. Quelques semaines avant l’attribution d’un marché estimé à 6 millions d’euros, la société Ying et Yang a augmenté son capital jusqu’alors minimal puis a reformulé complètement son objet social pour le focaliser sur la commercialisation du port des Marines de Cogolin. Sur ceci uniquement, notez-le bien ; pas sur la commercialisation de ports de plaisance en général, mais celui des Marines de Cogolin spécifiquement. Juste une poignées de jours avant d’obtenir l’attribution du marché ! Ces deux modifications d’urgence étaient nécessaires pour pouvoir participer à l’appel d’offre lancé par la mairie.

Elle n’aurait pas dû être suffisante car, avec son piètre capital social et sous le libellé de son ancien objet social, Yin et Yang n’avait jamais effectué une opération comme celle des Marines. En d’autres termes, le propriétaire de l’entreprise n’avait aucune expérience et donc aucune référence. Ceci explique la pagaille et les erreurs commises dans la mise en place du dispositif de commercialisation.

Il a suffi de quelques petites heures de navigation sur la Toile pour que Colingo récolte ces informations, engendrant aussi, il est vrai, des frais de 7,90 euros pour obtenir copie de certains documents légaux. Notre question à l’opposition est simple : pourquoi n’avez-vous pas fait ce travail minimum de vérification ?

Car si vous l’aviez fait, avec des moyens, nous l’espérons bien plus conséquents que les nôtres, vous pourriez éclairer la lanterne des contribuables et électeurs de notre bonne ville :

  • Comment cette société sans expérience a-t-elle pu gagner le marché ?
  • Son propriétaire était-il « presque » certain de l’obtenir au point de changer son objet social à cette seule activité ?
  • L’augmentation de capital a-t-il était souscrit en prévision de cet appel d’offre et avant qu’il ne soit publié ?

Alors, nous le disons sans aucune trace d’humour : Messieurs/Mesdames les conseillers de l’opposition, cessez de poser deux questions au maire lors des conseils municipaux. Allez remuer la fange des Marines et enquêter sur ce qui s’y passe. En un mot : BOUGEZ-VOUS LE CUL !

Petit tour zoologique

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Que d’émois aux abords du projet immobilier de Notre-Dame des Anges (voir notre précédent billet « Les zadistes de Notre-Dame » pour l’historique)!

Notre bon maire a retrouvé une certaine verve en stigmatisant, une fois de plus, ceux qui sont réfractaires à ses décisions autoritaires. Oubliant sa récente poussée d’urticaire écolo, il met en doute l’existence des tortues sur le terrain et clame à une mise en scène. Un voisin qui cultive les tortues d’Hermann comme d’autres les azalées aurait volontairement amputé l’une de ses protégées pour prétendre que l’engin de défrichage l’avait blessée. Et tout cela pour démontrer que le dit terrain était une zone de reproduction. Et Monsieur le Maire de tracer un parallèle en hypothétisant qu’il amènerait un lion d’un cirque de passage pour prétendre que les abords de notre ville sont en fait une savane africaine.

Il n’est nul besoin pour Monsieur Lansade de faire appel à son imagination pour introduire d’exotiques animaux dans notre paisible bourgade. N’a-t-il pas peuplé son conseil municipal d’une bande de perroquets qui n’ont, pour la plupart, jamais appris à parler, deux ou trois autruches qui préfèrent mettre la tête dans le sable plutôt que de voir la réalité en face ? La volière régentée par un poulet chassé de sa basse-cour d’origine pour agressivité. On y trouve même (enfin hologrammiquement parlant!) un raton-laveur masqué et invisible.

N’a-t-il pas déjà introduit dans sa belle mairie un renard argenté depuis le Liban que d’aucuns décrivent comme un vieux crocodile à l’aise dans son nouveau marigot ? Et un ancien corbeau depuis Sainte-Maxime ?

Sans compte une bande de loups affamés depuis les portes de Paris ou, pour être plus précis, de Levallois-Perret, qui, au lieu d’entrer dans la capitale, viennent se goinfrer sur la côte varoise.

Et que dire de l’oiseau de paradis niché sur l’ancien terrain du Yotel, qu’il veut transformer maintenant en paddocks pour chevaux de course. Ou du couple d’inséparables qui roucoule sur la plage chic ? N’a-t-il pas transformé une certaine demeure historique en un repaire vide pour chouettes et hiboux ? Et le panda chinois, gentil mais pas très efficace comme tous ses congénères, qu’il vient d’installer sur les Marines pour vendre les emplacements ?

A son corps défendant, il a même généré deux hargneux chiens de chasse qui lui jappent aux basques dès qu’on leur en donne l’occasion, environ une fois par mois.

Nous avons ici même énuméré les variétés d’ovins qu’il prétend tondre allègrement à force de mensonges et contre-vérités (voir « la révolte des brebis »). Et nous ne comptons plus les pigeons et les dindons qu’il a entraîné un moment dans son sillage et qui se rendent compte qu’ils se sont fait avoir.

Oui, Cogolin est devenu un bestiaire exotique. Comme Noé en son temps (vous savez, ce monsieur un peu trop porté sur le vin de sa vigne et qui, à dessaouler, maudit ceux qui l’ont vu nu), notre gentil maire a fait monter tous les animaux de la création (ou devrions-nous dire de sa création) dans le bateau ivre de la commune.

Est-ce donc en prévision du déluge ?

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