Mais que fait l’opposition !

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Le dernier conseil municipal (du 14 septembre) était plutôt morne et la séance de questions-réponses entre l’opposition et la majorité a tourné comme d’habitude à un dialogue de sourds. Sur les Marines de Cogolin, Monsieur le Maire a renvoyé ses adversaires à la Régie mise en place par la municipalité, le conseil d’administration de la dite Régie étant constitué, au cas où vous l’ignoriez, du maire lui-même et de deux de ses adjoints les plus fidèles : un organe ouvert et pluridisciplinaire comme il y en a peu. Une pirouette de plus de celui qui vient de prétendre se refaire une virginité en abandonnant le parti qui l’a amené à la place qu’il occupe aujourd’hui.

Au lieu de s’entêter à poser des questions auxquelles ils devraient s’habituer à n’avoir aucune réponse satisfaisante, il nous semble que l’opposition devrait faire un peu de travail de son côté. Les grives ne tombent pas toutes cuites, il faut aller les dénicher, pourrait leur rappeler Monsieur Giraud .

Ainsi n’a-t-il fallu à Colingo ni accès à des informations confidentielles, ni grande sagacité, ni filatures nocturnes pour découvrir quelques faits surprenants sur la société sélectionnée par la mairie pour la commercialisation des places de bateaux pour les nouvelles Marines. Faits publiés dans notre billet d’il y a deux semaines : « Yin et Yang sont dans un bateau ».

Colingo Maire-Taire a choisi l’humour, la dérision et le décalage pour dénoncer les petits travers et les vilenies de Monsieur Lansade et de sa clique d’admirateurs béats. Il est parfois approximatif, et, dans ce cas, l’éminent chef de cabinet ne manque pas de le faire remarquer. Dans le cas contraire, il préfère se taire. Nous lui en sommes aussi reconnaissants. L’opposition officielle devrait être le fer de lance de contre-enquêtes sérieuses sur les faits et les dires de notre premier magistrat. Elle s’inquiète souvent mais il suffit, aussi souvent, d’une réponse-pirouette de Monsieur le Maire pour qu’elle reste coite.

Alors, à ceux qui ont la comprenette un peu rouillée, nous allons traduire en termes clairs ce que nous avons écrit il y a quinze jours. Ce que nous avons trouvé en nous contentant de parcourir Internet, un lieu jonché de fausses informations, mais pas toujours.

Yin et Yang (que Var-Matin avait traduit phonétiquement par YinYong, ce qui nous a occasionné pas mal de recherches infructueuses) est la société sélectionnée pour la vente des garanties d’usage des Marines pour le compte de la Régie créée ad-hoc par la Commune. Yin et Yang est une société unipersonnelle, ce qui signifie qu’elle a un seul et unique propriétaire et non deux comme peut le faire croire son nom de baptême. Créée en Juin 2015, son objet social était, jusqu’à peu, la commercialisation de biens immobiliers. Son propriétaire a différentes autres activités, dont une société dont l’objet social est le commerce de détail de chaussures. Quelques semaines avant l’attribution d’un marché estimé à 6 millions d’euros, la société Ying et Yang a augmenté son capital jusqu’alors minimal puis a reformulé complètement son objet social pour le focaliser sur la commercialisation du port des Marines de Cogolin. Sur ceci uniquement, notez-le bien ; pas sur la commercialisation de ports de plaisance en général, mais celui des Marines de Cogolin spécifiquement. Juste une poignées de jours avant d’obtenir l’attribution du marché ! Ces deux modifications d’urgence étaient nécessaires pour pouvoir participer à l’appel d’offre lancé par la mairie.

Elle n’aurait pas dû être suffisante car, avec son piètre capital social et sous le libellé de son ancien objet social, Yin et Yang n’avait jamais effectué une opération comme celle des Marines. En d’autres termes, le propriétaire de l’entreprise n’avait aucune expérience et donc aucune référence. Ceci explique la pagaille et les erreurs commises dans la mise en place du dispositif de commercialisation.

Il a suffi de quelques petites heures de navigation sur la Toile pour que Colingo récolte ces informations, engendrant aussi, il est vrai, des frais de 7,90 euros pour obtenir copie de certains documents légaux. Notre question à l’opposition est simple : pourquoi n’avez-vous pas fait ce travail minimum de vérification ?

Car si vous l’aviez fait, avec des moyens, nous l’espérons bien plus conséquents que les nôtres, vous pourriez éclairer la lanterne des contribuables et électeurs de notre bonne ville :

  • Comment cette société sans expérience a-t-elle pu gagner le marché ?
  • Son propriétaire était-il « presque » certain de l’obtenir au point de changer son objet social à cette seule activité ?
  • L’augmentation de capital a-t-il était souscrit en prévision de cet appel d’offre et avant qu’il ne soit publié ?

Alors, nous le disons sans aucune trace d’humour : Messieurs/Mesdames les conseillers de l’opposition, cessez de poser deux questions au maire lors des conseils municipaux. Allez remuer la fange des Marines et enquêter sur ce qui s’y passe. En un mot : BOUGEZ-VOUS LE CUL !

Petit tour zoologique

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Que d’émois aux abords du projet immobilier de Notre-Dame des Anges (voir notre précédent billet « Les zadistes de Notre-Dame » pour l’historique)!

Notre bon maire a retrouvé une certaine verve en stigmatisant, une fois de plus, ceux qui sont réfractaires à ses décisions autoritaires. Oubliant sa récente poussée d’urticaire écolo, il met en doute l’existence des tortues sur le terrain et clame à une mise en scène. Un voisin qui cultive les tortues d’Hermann comme d’autres les azalées aurait volontairement amputé l’une de ses protégées pour prétendre que l’engin de défrichage l’avait blessée. Et tout cela pour démontrer que le dit terrain était une zone de reproduction. Et Monsieur le Maire de tracer un parallèle en hypothétisant qu’il amènerait un lion d’un cirque de passage pour prétendre que les abords de notre ville sont en fait une savane africaine.

Il n’est nul besoin pour Monsieur Lansade de faire appel à son imagination pour introduire d’exotiques animaux dans notre paisible bourgade. N’a-t-il pas peuplé son conseil municipal d’une bande de perroquets qui n’ont, pour la plupart, jamais appris à parler, deux ou trois autruches qui préfèrent mettre la tête dans le sable plutôt que de voir la réalité en face ? La volière régentée par un poulet chassé de sa basse-cour d’origine pour agressivité. On y trouve même (enfin hologrammiquement parlant!) un raton-laveur masqué et invisible.

N’a-t-il pas déjà introduit dans sa belle mairie un renard argenté depuis le Liban que d’aucuns décrivent comme un vieux crocodile à l’aise dans son nouveau marigot ? Et un ancien corbeau depuis Sainte-Maxime ?

Sans compte une bande de loups affamés depuis les portes de Paris ou, pour être plus précis, de Levallois-Perret, qui, au lieu d’entrer dans la capitale, viennent se goinfrer sur la côte varoise.

Et que dire de l’oiseau de paradis niché sur l’ancien terrain du Yotel, qu’il veut transformer maintenant en paddocks pour chevaux de course. Ou du couple d’inséparables qui roucoule sur la plage chic ? N’a-t-il pas transformé une certaine demeure historique en un repaire vide pour chouettes et hiboux ? Et le panda chinois, gentil mais pas très efficace comme tous ses congénères, qu’il vient d’installer sur les Marines pour vendre les emplacements ?

A son corps défendant, il a même généré deux hargneux chiens de chasse qui lui jappent aux basques dès qu’on leur en donne l’occasion, environ une fois par mois.

Nous avons ici même énuméré les variétés d’ovins qu’il prétend tondre allègrement à force de mensonges et contre-vérités (voir « la révolte des brebis »). Et nous ne comptons plus les pigeons et les dindons qu’il a entraîné un moment dans son sillage et qui se rendent compte qu’ils se sont fait avoir.

Oui, Cogolin est devenu un bestiaire exotique. Comme Noé en son temps (vous savez, ce monsieur un peu trop porté sur le vin de sa vigne et qui, à dessaouler, maudit ceux qui l’ont vu nu), notre gentil maire a fait monter tous les animaux de la création (ou devrions-nous dire de sa création) dans le bateau ivre de la commune.

Est-ce donc en prévision du déluge ?

Yin et Yang sont dans un bateau

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Yin et Yang sont dans un bateau. Aucun des deux ne sait nager mais, par chance, leur bateau est amarré dans le port des Marines. Yin et Yang ne savent pas nager car, jamais auparavant leur vie professionnelle ne les avait amenés à commercialiser des emplacements de bateaux. Yin et Yang ont répondu à un appel d’offre pour effectuer ce qu’ils ne savent pas faire. Mais Yin et Yang n’ont vu que le chiffre d’affaires potentiel que pourrait leur procurer cette nouvelle occupation ; pas moins de 6 millions d’euros.

Yang a dit à Yin : c’est bien beau de répondre à cette alléchante offre mais  notre capital est bien trop faible, nous ne serons jamais sélectionnés. C’est pourquoi Yin a augmenté le capital de façon importante.

Yin a dit à Yang : notre objet social ne corresponde pas à l’activité que nous voulons démarrer. C’est pourquoi Yang a modifié totalement l’objet social de leur entreprise commune quelques jours avant de répondre à l’appel d’offre.

Yin ne sait pas ramer, il vend des chaussures et Yang ne sait pas pagayer, il est marchand de biens immobiliers. Et l’inverse. Leur bateau n’a pas de moteur et leur voilier n’a pas de voile. Pourtant, ils naviguent dans les eaux troubles du port. Eaux troubles n’est pas une figure de style. Elles le sont par les produits toxiques qui s’y trouvent.

Yin et Yang pratiquent le yoga. C’est bon pour l’équilibre psychique. Mais le yoga n’est pas leur seule pratique. Le yoga n’apporte pas 6 millions d’euros dans leur porte-monnaie. Si c’était vrai, tous les pratiquants de yoga seraient millionnaires et tout le monde pratiquerait le yoga. Yin et Yang pratiquent donc aussi la commercialisation anticipée de places de bateaux. C’est nouveau, instructif et un peu stressant. Yin pense qu’ils ont certainement déjà fait cela dans une vie antérieure. Yang doute mais préfère laisser Yin à ses illusions. C’est bon pour son équilibre psychique. Et le sien.

Yin à la bosse du commerce, d’avoir longtemps pratiqué le yoga. Yang a aussi la bosse du commerce. Pour la même raison et réciproquement. Pourtant, ils sont faciles à distinguer ; l’un grignote des pignons et des amandes tandis que l’autre déguste des figues. Mais il est vrai que l’un comme l’autre aiment les figues, les pignons et les amandes.

Yin et Yang sont dans un bateau amarré dans les Marines. Sans absolument aucune référence, ils ont gagné l’appel d’offre. C’est que Yin et Yang ont créé l’équilibre parfait, l’un à bâbord, l’autre à tribord, il suffisait d’y penser. Leur bateau n’a peut-être aucune heure de navigation mais la chance leur a souri. Heureux les innocents, le royaume des Marines leur est ouvert, dit-on parfois sous nos latitudes. Mais Yin et Yang sont adeptes de la méditation contemplative. C’est leur karma et leur baraka. Yin a le karma et Yang la baraka. A moins que ce soit le contraire.

Yin et Yang ne sont pas dans le joli local commercial mis gracieusement à leur disposition par la municipalité. C’est pourtant là que devait débuter la commercialisation des places de bateaux. Il y a bien eu une communication dans le magazine de la cité et il y a bien une affichette collée sur la vitrine. Mais, au jour-dit, à l’heure-dite, ni Yin ni Yang n’y sont.

Yin et Yang sont dans la capitainerie du port. Ils ont devant eux une grande carte des pontons et des amarrages. Derrière eux, un grand tableau blanc. Ni Yin, ni Yang n’ont jugé bon d’emporter un ordinateur. Yin et Yang voyagent légers et leur frêle esquif ne supporterait pas le poids même d’un portable ou d’une tablette. Yin et Yang sont dans la capitainerie parce qu’ils ont besoin des employés de la société gestionnaire des lieux pour les guider dans leur démarche.

Devant la porte de la capitainerie, il y a une longue file de prétendants qui, le bouche-à-oreille aidant, ont trouvé le chemin de l’officine alternative. Ils veulent inscrire leur nom sur la liste des bénéficiaires de la super-offre proposée par les futurs nouveaux maîtres. 11 pour le prix de 10, un de ces discounts de fin de saison estivale qu’on ne rencontre pas souvent. Une affaire à ne pas manquer. Surtout après s’être fait gruger de deux années juste avant.

Yin n’a pas d’imprimante et Yang n’a pas de connexion internet. Et inversement. Ni Yin ni Yang ne peuvent fournir une copie du contrat à ceux qui ont déjà sorti leur chéquier et leur stylo. Il n’y a pas de copie du contrat, parce qu’il n’y a pas de contrat. Certains prétendants maugréent à devoir laisser un chèque pour aucune preuve tangible. Mais Yin comme Yang les rassurent. On leur enverra bientôt tous les documents nécessaires. En attendant merci de bien vouloir compléter le formulaire, à la main, s’il vous plaît.

Yin et Yang font des exercices tantriques. C’est grâce à leurs exercices tantriques qu’ils peuvent rester calmes devant le comportement excentrique des prétendants qui leur posent des questions ; ils n’ont aucune idée de la moindre réponse

Yin a la tête sous l’eau et Yong boit la tasse, peut-être l’inverse. L’organisation de leur échoppe leur échappe ; c’est un vrai écheveau entremêlé. Ils arrêtent pendant trois semaines de recevoir les prétendants afin de remettre un peu d’ordre. Maintenant ils doivent démêler les filins, les drisses et les cordages de leur sac de nœuds.

Yin et Yang sont sur un petit nuage. Pas chacun le sien, ils partagent le même nuage. Ils appellent cela le nirvana. Ils ont devant eux une pile de formulaires et une pile de chèques qui tapisseront confortablement leur nirvana. Les exercices tantriques c’est bon pour la sérénité. Les chiffres des chèques bancaires qui s’accumulent devant leurs yeux sont bons pour l’équilibre, financier, cela va sans dire.

Décryptage d’un trompe-l’œil

On ne prêtera pas de messages cachés aux talentueux artistes Sandrine et Yann, ni d’intention maligne à Mesdames Soudry et Picot, mais, il nous le faut concéder : un bon dessin vaut souvent mieux que de longs discours. Encore faut-il l’interpréter.

Loin des décibels habituels à notre pôle culturel municipal, l’inauguration, il y a une dizaine de jours, de la peinture murale sur la place de la Liberté, a été accompagnée des notes de Jean-Sébastien, Chopin et Erik Satie, égrenées, non sans variations, par le jeune pianiste local Étienne Berny. Aucun clin d’œil, non plus, à chercher dans cette fugue en do majeur de Dietrich Buxtehude, le musicien le moins connu entre ceux choisis par l’artiste.

Tout ceci dans le cadre des journées du patrimoine et du programme intitulé Renaissance du vieux village. On se rappellera que ce terme de Renaissance avait déjà été utilisé l’an passé pour les Trans’Arts juste avant de fermer la maison Sellier, démolir la teinturerie et donner la Chapelle à des associations à fin lucrative (voir notre billet « La mort du Phénix »). Une répétition de titre qui n’augure rien de bon.

A défaut de lieux emblématiques du patrimoine communal, cette nouvelle renaissance s’est donc tenue à l’air libre dans les rues du vieux Cogolin. Une renaissance qui coïncide, par le plus grand des hasards, avec celle de Monsieur le Maire qui, selon toutes les indications, cherche à se refaire une virginité aux yeux de ses administrés.

Au sens figuré, un trompe-l’œil est une apparence trompeuse nous dit le Petit Larousse.

Au sens premier, c’est une peinture, donc une surface plane, qui donne l’impression visuelle d’une perspective. Une apparence et une perspective trompeuses, voici trois mots qui résonnent au diapason du passé récent et des prétendus changements récents de Monsieur le Maire. A moins d’avoir une poutre dedans, l’auto-exfiltration officielle de Monsieur Lansade est une tromperie qui saute aux yeux. Quant aux perspectives que son action depuis trois ans propose à la commune, elles-aussi ne sont que poudre aux yeux.

Sans vouloir faire de la psychanalyse, domaine de spécialistes, contemplons cependant le trompe-l’œil de la place de la Liberté comme une métaphore de la situation. Notons dès à présent sans nous y attarder le nom du lieu : la place de la Liberté. Dans la liberté virtuelle, à côté d’une porte fermée et d’une fenêtre entrouverte, nous nous trouvons devant une arche ouvrant sur un patio provençal caractérisé par la fontaine sur la gauche (ah, il y aurait à dire sur les fontaines!). Ce patio, c’est notre commune. C’est là où se trouve enfermé l’esprit de M. Lansade. Un lieu un peu exotique et étroit à ses yeux. Il y est seul et il cherche à s’en échapper car ce patio est petit, perdu dans sa végétation et presque invisible de l’extérieur. La tentation naturelle est de monter cet escalier de pierre bien visible en plein centre de la peinture. Cet escalier symbolise l’ambition du personnage ; monter, atteindre des paliers et monter encore pour se retrouver au sommet. Mais, arrivé tout en haut, il trouve porte close. Il ne pourra atteindre l’Olympe. Un peu désespéré, il se retourne et voit qu’il y a un autre escalier, discret, à peine visible sur la droite de la peinture. Peut-être existe-t-il une autre sortie, certes latérale et moins majestueuse.  Il redescend donc dans le patio et monte les marches situées à l’opposé du premier escalier et donnant donc sur une autre perspective. Encore une impasse puisque l’escalier ne débouche pas sur l’autre place réelle située au-dessus, une place qui sépare la rue rompe-cul de la rue du piquet (que de symboles encore dans ces deux noms!). Il ne lui reste donc qu’à redescendre et s’enfoncer au fond du trompe-l’œil, vers cette ouverture qui ne l’élève pas au-dessus du niveau où il se trouve. Hélas, cette échappée n’est pas possible non plus puisqu’une grille en barre l’accès.

Le lecteur l’aura compris. Ce premier escalier est la marche au pouvoir offert par le Front National, le choix évident, le choix assumé. De la mairie de Cogolin dont il voulait se servir de tremplin pour ses ambitions, il atteint le palier intermédiaire, le Conseil Régional. Mais il ne pourra aller plus haut. Le second escalier est celui de Marion Maréchal-Le Pen qui propose une ligne plus à droite encore que le FN, c’est le chemin qu’il pensait pouvoir prendre. Une tentative avortée, on le sait maintenant. Reste la sortie moins flamboyante, celle du fond de la peinture. Une sortie plus modeste, qu’il lui faut prendre en se déclarant de droite mais sans étiquette. Loin des projecteurs médiatiques, en espérant que sa décision fasse oublier aux pupilles qui ne retiennent pas les images qu’il est redevenu un maire quelconque, hors parti. Mais la grille au fond du patio est là pour lui démontrer que cette humilité feinte ne trompe personne. Ses tentatives pour gravir à la hussarde l’un et l’autre escalier ne pourront pas être effacées d’un coup de gomme magique. Monsieur Lansade restera dans le patio, sans espoir de promotion, condamné à regarder à travers les grilles le destin qu’il se prêtait et qui lui est devenu inaccessible.

L’homme pressé

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Il se rêvait député. Il se rêvait président du conseil régional après le raz-de-marée bleu-blanc-rouge de 2015. Il se rêvait avec un maroquin (voyez, qu’il n’est pas raciste !) de secrétaire d’État (à l’urbanisme, probablement) après la victoire aux élections présidentielles. Il avait tout pour plaire ; le charme, la jeunesse, la verve, le sens de la répartie. Les bons mots qu’il distribuait avec équanimité entre ses différents opposants. Il tolérait avec bonhomie les dissensions. Il avait mis la presse dans sa poche en flattant les journalistes locaux. Nous rêvions avec lui de voir notre belle bourgade élevée jusqu’aux ors de la République pour avoir été le creuset de son foudroyant succès.

Son équipe municipale, bien que réduite aux acquêts et aux fulgurances hologrammées de l’insaisissable Monsieur Muller, lui prêtait un destin national. Ses admirateurs, et surtout ses admiratrices, de la maison de retraite jusqu’aux jeunes ménagères, voyait en lui le gendre idéal. Ses zélateurs les plus fervents ne pouvaient trouver rien à redire sur la gestion de la municipalité. Droiture, ténacité, transparence totale des décisions, respect des minorités, qu’elles soient d’ordre ethnique ou au conseil municipal. Un sens inné et persévérant de la démocratie, faisant appel au peuple à chaque fois qu’une épineuse question surgissait dans la communauté. Un comptable sourcilleux des deniers publics, ne dépensant pas un centime de plus que ne le permettaient les rentrées d’argent.

Et, en même temps, un visionnaire hors-pair. Qu’on en juge. Une maison médicale sans parking afin d’obliger docteurs et patients à marcher (au besoin, en chaise roulante), au lieu de polluer. Foin d’étude préalable et d’audit pour la reprise de la gestion des Marines avant terme, elles allaient devenir un pôle d’attraction du golfe pour les riches plaisanciers tout en renflouant les caisses de la commune. Des résidences nouvelles sur des pentes escarpées pleines de trous ; les mines, qu’importe ! puisque les bulldozers creuseront encore ! La construction d’un méga-complexe habitationnel en bord de mer, noyé dans une végétation luxuriante, vendant au passage à prix d’or le terrain à un promoteur naïf. Et combien d’autres idées fourmillant dans son cerveau (et celui de son conseiller spécial) pour transformer notre bourgade ; un parking souterrain devant la mairie, un hôtel boutique au cœur de la vieille ville, un feu tricolore devant la poste, un hypermarché et son rond-point. Un kiosque à journaux ! Des visions plein la tête.

Il avait tâté du Jean-Marie, il avait embrassé Marine sur les deux joues et, surtout, il avait chéri l’étoile montante de la belle et intelligente Marion, l’espoir du sud, la maman d’Olympe, son alpha zoulou et son oméga 6. Sous leurs ailes protectrices entrecroisées, il avait volé (pas comme les corbeaux, bien sûr) jusqu’à notre trou perdu pour s’asseoir confortablement sur son nid aux œufs d’or. Alléluia ! s’exclamèrent en chœur les chantres de la nation blanche et provençale, de la préférence nationale et de la hiérarchie raciale. Trois ans à trimer en brûlant les étapes à chaque bout de chemin. La consécration ne tarderait pas. Las ! Le Jean-Marie gâtifie, la Marine coule sans gloire et la Marion se fait la malle. Pas de pot, il reste que Philippot ! Alors ?

En 1941, Paul Morand, auteur prolifique s’il en est, publie un livre intitulé L’homme pressé. L’année suivante, il proposera ses services à Vichy et au Maréchal (nous y voilà, mais c’est l’autre Maréchal !) et se verra confier le poste d’ambassadeur en Roumanie. Après la guerre, en exil pendant longtemps en Suisse, il ne cessera de vilipender le pouvoir en place mais finira par entrer à l’Académie française à l’âge canonique de 80 ans. Le héros de son roman est un antiquaire, spécialiste du haut Moyen-Age, comme d’autres seraient spécialistes de l’immobilier. Des chefs-d’œuvre de cette époque si lointaine, il ne se soucie guère sauf pour en estimer la valeur et la monnayer au prix fort. Il est obsédé par le temps qui passe et ne peut rester tranquille un instant, il lui faut tout, et tout de suite. Il est impatient et ne supporte pas les obstacles qui se dressent sur sa course effrénée. Il trouve que la vie est bien lente, il est si pressé qu’il en devient insupportable, même à ses proches. Lorsqu’on lui présente un morceau de sucre enveloppé avec son café, il n’a pas le temps de le sortir et le jette dans sa tasse, emballage compris.

Alors ! Comme le héros de Morand, notre premier magistrat est un homme pressé. Il faut aller vite. Imaginons quelques millions de revenus exceptionnels dans les caisses demain et nous pouvons raser gratis et planter des palmiers dans le sable aujourd’hui. Il vend avant d’acheter, il promet avant d’étudier, il dépense avant de compter. Il faut faire vite, vite et pas toujours bien, mais ainsi sont les hommes pressés ! Il ne va pas se morfondre devant l’adversité et tergiverser plus longtemps. Adieu Jean-Marie et toute la famille, je reprends ma liberté, mais je garde la mairie. De la droite de l’extrême ou flirtant avec les adorateurs de Jupiter, pas encore insoumis mais libéré, il continuera de l’avant. Divers, pour l’instant, mais il restera le même : divers ou d’aujourd’hui ! Ses administrés en seront ravis : peu importe l’emballage pourvu que les affaires continuent !

Ah, vous ai-je dit la fin du roman de Paul Morand ? Le héros trentenaire, soumis à tant de précipitation et confronté à ses propres limites, est victime d’un premier infarctus. Ses dernières paroles dans le livre sont : « A quoi bon ? ».

Caius, son chien et son coq – I

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On connaît la légende, mais bien moins la véritable histoire. La légende dit ceci : une barque aborda le port de Saint-Tropez. A bord il y avait un corps, un chien et un coq. Le corps était celui de Caius Silvius Torpétius, découvert par les pécheurs sans sa tête. Le chien prit le chemin du village voisin de Grimaud tandis que le coq voleta tant bien que mal jusqu’au village de Cogolin.

La vérité est tout autre, comme vous l’imaginez bien. La tête de celui que la postérité chrétienne nommera Saint-Torpes ou, francisé, Saint-Tropez, est restée à Pise, l’endroit où il fut décapité par le bon empereur Néron pour n’avoir pas voulu honorer la déesse Diane. Caius, récent converti, n’avait pour dieu que Dieu. Une formule que l’étroitesse d’esprit de l’empereur ne pouvait assimiler. Là où le bât blesse dans la légende c’est que le droit traditionnel romain de l’époque  prévoyait que la tête ainsi décolletée soit enfermée dans un sac de cuir avec, à l’intérieur, un coq et un chien qui se chargeraient de la dévorer (poena cullei). Une pratique cruelle, certes, surtout, si on y pense bien, plus pour les animaux que pour la tête. On voit donc mal comment les dits animaux auraient pu se trouver embarqués en compagnie du reste du corps, abandonné au gré de l’Arno puis de la mer.

Il est bon de rappeler la date : l’an 68 de notre ère. Saul de Tarse, plus connu sous le nom de Saint-Paul vient de mourir à Rome, en 64 pour certains au moment des rafles des premiers chrétiens accusés d’avoir mis le feu à Rome ou un peu plus tard. Quoiqu’il en soit, Paul n’a œuvré à la diffusion du message de Jésus le nazaréen que dans les provinces turques. C’est également à Rome que serait mort, vers les mêmes dates, Simon Kephas, connu sous le nom de Saint-Pierre qui, lui, a passé le plus clair de son temps au Moyen-Orient. Il est donc très peu probable que la gentille dame appelée Célérina qui, dans la légende, a enseveli le corps décapité de Caius ait été déjà touchée par la grâce chrétienne. C’est que la petite bourgade de Heraclea Caccabaria est bien loin des zones de développement initial de la nouvelle religion. Ce qui prouve, s’il en était besoin, que la bonté envers ses semblables n’est pas née avec la parole divine de Jésus Christ.

Ce que trouvent les pécheurs matinaux d’Heraclea est une barque qui a dérivé depuis les côtes italiennes. A bord, il y a trois hommes ; l’un est déjà décédé et les deux autres ne valent guère mieux, minés par la faim et la soif depuis qu’ils naviguent sans but. Il y a une trentaine d’années, on les appelait les boat-people, ils fuyaient un pays en guerre très loin de chez nous, en Asie du sud-est. Dans les années 1960, les moyens de communication avaient fait de réels progrès depuis l’ère romaine et toute la planète put suivre sur ses petits écrans la détresse de ces pauvres gens. On s’apitoya beaucoup dans les chaumières mais cette désespérance était si lointaine qu’on ne pouvait pas y faire grand-chose. Depuis quelques années, cette migration désespérée par la mer s’est rapprochée singulièrement de nos côtes. On s’en apitoie parfois mais, plus souvent, on détourne la tête. Quand on ne décide pas tout simplement de les renvoyer vers leurs champs de ruine et de misère. Preuve, s’il en était besoin, que, malgré tous les efforts du fou de Nazareth et la transmission de son message orbi et urbi, beaucoup d’entre nous y restent sourds.

Mais revenons à nos deux robinson crusoé survivants qui eurent la chance de voir leur frêle embarcation échouer, non sur une île déserte, mais sur une presqu’île peuplée de villageois secourables. Devant leur état déplorable, certains redoutèrent une quelconque maladie pernicieuse et on songea à les mettre en quarantaine dans un lieu retiré, une ferme abandonnée connue sous le nom de formula prima au lieu-dit de la londe de l’autre côté de la presqu’île. Celerina et quelques autres matrones s’y opposèrent farouchement. Elles entreprirent de soigner leurs blessures et remettre sur pied ces pauvres naufragés. Désaltérés, nourris et entourés de sollicitude curieuse, la mauvaise fièvre qui les faisait délirer dans leur sommeil comateux disparut. Quelques jours suffirent car ils étaient jeunes et sains. Les deux hommes purent conter leur histoire.

(à suivre)

De l’acharnement environnemental

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La bureaucratie paperassière de notre administration nationale aura-t-elle raison de la fougue et de la sagacité de notre bon maire ?

Il est vraiment navrant et révoltant de constater que les meilleures intentions du monde se voient contrecarrées par les services de l’État pour un bout de pinède inexistante, un couple de tortues ayant passé l’âge de procréer, des risques d’inondations invraisemblables en ces périodes de sécheresse ou autres balivernes dont tout le monde se fout.

Fin Mai, c’était la DREAL qui réclamait une étude globale des impacts sur l ‘environnement du projet Hippodrome de la Cogedim et, à la fin d’un chaud été, ce sont maintenant  les services de la préfecture qui réclament une autre étude sur l’installation du supermarché Lidl de l’autre côté de la départementale 98.

Comme disait un célèbre président à l’esprit visionnaire, l’impact de l’homme sur les déséquilibres climatiques de la planète est largement exagéré. La tempête qui a sévi sur Houston récemment n’a été exceptionnelle que par l’ampleur des moyens mis en œuvre par M. Trump pour y remédier. Chez nous, notre état centralisé et aux ordres de Bruxelles pense, avec une exagération tout aussi nuisible, que l’impact des projets de notre gentil maire justifie qu’on les ausculte au microscope, quitte à les faire capoter.

Pourtant, Monsieur Lansade a, depuis des mois, multiplier les décisions visant à donner à l’écologie la place qu’elle mérite. Qu’on en juge.

Conscient de l’importance de  la préservation de notre littoral, de l’équilibre entre la ville et la nature,  Monsieur le Maire n’a pas hésité une seconde à retoquer le projet de la Cogedim à des fins environnementales en se pliant aux diktats de la labellisation éco-quartier. Jamais, personne, dans la ComCom n’avait été aussi loin dans l’esprit écologique. On nous promettait des espaces verts à n’en plus finir entre les immeubles, les routes et les parkings. Des canopées presque tropicales, des buissons ardents, des floraisons permanentes. Une bonne volonté manifeste qui n’a, semble-t-il,  pas porté ses fruits aux yeux de l’administration.

A la fin du mois de Juillet, notre courageux et volontariste maire a décidé que notre commune prendrait à sa charge tous les risques écologiques existants des Marines en donnant un blanc-seing intégral à la société privée qui en avait la responsabilité. Au détriment potentiel de nos finances certes, mais afin de s’assurer que les mesures correctrices efficaces et pérennes seront prises sans mégoter.

Dès Juin 2016, la municipalité signait un accord avec la Chambre d’Agriculture du Var pour la création de Zones Agricoles Protégées. En Février 2017, elle n’hésitait pas à franchir le pas et décidait de protéger les paysages d’une exceptionnelle qualité de la vallée de la Môle ainsi que vers Saint-Tropez, tout le long de la départementale 98. Dans le cadre de cette action, notre maire proposa la construction d’un supermarché le long de cette même départementale. Cette louable initiative permettait la reconversion de terres dites agricoles en mètres carrés de bitume, une initiative propre à protéger la nature comme notre édile l’a, à de nombreuses occasions, proclamé.

Le transfert du supermarché répondait aussi à la volonté d’étendre la zone d’achalandage de la cité, d’obliger les deux géants, une fois côte à côte, à modérer l’augmentation de leurs prix. Il favorisait, comme le signalait judicieusement Monsieur le Maire le petit commerce du centre-ville. Il suffisait pour cela de stationner sa voiture sur le parking du nouveau Lidl, traverser la départementale au débit régulé par un flambant rond-point offert généreusement par l’enseigne, ne pas se laisser séduire par la présence de l’autre supermarché sur la route et avancer toujours tout droit vers la rue Gambetta.  Quant aux habitants du quartier de sortie vers Grimaud, le déplacement de leur supermarché de proximité leur permettrait de traverser la ville de bout en bout et ainsi marcher suffisamment pour perdre leurs kilos superflus et améliorer leur condition physique. Que de nobles raisons que des technocrates déconnectés des réalités viennent mettre à mal.

Pour parvenir à ses fins, notre actuelle majorité municipale n’a pas vacillé à voter 7 modifications simplifiées du PLU en trois années (à titre de comparaison, en vigueur depuis 2008, il n’avait été modifié que 4 fois par l’ancienne municipalité en l’espace de 5 ans). Toutes décisions destinées à favoriser le développement harmonieux de notre ville. La procédure de modification simplifiée oblige la municipalité à publier son projet, les diverses autorités concernées expriment leurs commentaires et remarques ainsi que n’importe quel administré de la ville. Une grande preuve, s’il en est de l’esprit démocratique et de concertation ; tout le monde peut s’exprimer ! La majorité automatique a balayé toutes les remarques et critiques d’un revers de la main et a voté le texte de la modification à 7 reprises sans y changer un iota. On pourrait s’en surprendre mais cela s’appelle de l’efficacité ; ce ne sont pas des passéistes qui vont freiner l’essor environnemental de Cogolin !

Et à ces détracteurs de tous poils qui cherchent toujours la petite bête : que peut bien faire Monsieur le Maire, soucieux de l’environnement, de la nature, des terres agricoles, si tous ses projets écologiques appâtent indirectement des promoteurs immobiliers ? Il a pris soin de prendre à ses côtés une pointure de luxe expérimentée pour débusquer les profiteurs et les aigrefins et, ensemble, ils ne sélectionnent que les meilleurs. Peut-être, notre PLU de 2008 est-il devenu un véritable gruyère, un fromage pour promoteurs immobiliers mais ce ne sont que billevesées collatérales au regard de l’effort sans précédent que notre maire poursuit pour le plus grand bonheur de ses administrés.

Il faut que nos concitoyens en soient conscients. Les services de l’État n’ont de cesse de ralentir le développement économique et écologique harmonieux de la bourgade pour des broutilles insignifiantes. Il y a du sabotage dans l’air. Combien d’idées généreuses, volontaristes et dénuées de toute intention mercantile qui se voient entravées par de lointains technocrates chipoteurs ! Si ce n’est pas de l’acharnement systématique, cela y ressemble beaucoup.

Mélange et mémoire sélective

Lors de son discours à l’occasion du 73e anniversaire du débarquement en Provence, Monsieur le Maire n’a pu s’empêcher, une fois de plus, de parsemer son discours de gestes et de petites phrases qui n’avaient qu’un lointain rapport (ou même aucun rapport du tout) avec l’objet de la cérémonie.

Il y eut d’abord cette minute de silence réclamée à l’assistance pour les deux personnes assassinées sur notre commune quelques jours auparavant. Certes ce terrible drame a secoué notre bourgade mais, par quelque bout que l’on prenne ce sujet, il s’agit d’un monstrueux fait divers, une affaire privée qui ne concerne la communauté que par un certain voyeurisme et une naturelle compassion pour les acteurs et les victimes collatérales que sont les enfants. Le Maire pouvait communiquer sur sa peine personnelle et celle de ses administrés sur le parvis de la mairie ou par les réseaux sociaux. Mais cette évocation dans le cadre des célébrations n’avait aucunement sa place. Cela paraissait même un douteux amalgame entre les morts d’Août 1945 et, en général, de la seconde guerre mondiale et les victimes contemporaines d’un drame passionnel.

Il y eut, plus tard, dans le discours, la mention des nombreuses nationalités de ceux qui ont débarqués sur les plages de Pampelonne et autres, aux côtés des Anglais et des Américains. Une énumération longue et, pourrait-il paraître, exhaustive. Ce ne sera pas faire preuve d’ingratitude de remarquer que la participation de soldats de nationalité grecque, pour prendre un exemple entre les nations mentionnées par Monsieur le Maire, était relativement anecdotique. Colingo a recherché dans les ouvrages publiés sur le sujet ; il y est fait mention de quelques bateaux battant pavillon grec incorporés à la flotte anglaise. On peut donc imaginer que leur équipage était grec. Il est, au demeurant possible que la 13e demi-brigade de la Légion Étrangère comportait quelques hommes d’origine grecque. Peut-être, Monsieur le directeur de cabinet pourra nourrir nos lecteurs de précisions à ce sujet.

Quoi qu’il en soit, comme les années précédentes, cette énumération occultait totalement la place qu’y avaient prise les dizaines de milliers de soldats de ce que l’on appelait alors l’Empire français ou les colonies. Sur les 400 000 soldats qui débarquent, les effectifs de la 1re Armée forte de 256 000 hommes sont, outre des évadés de métropole et des Corses, essentiellement des pieds-noirs d’Algérie, des tirailleurs sénégalais, des goumiers marocains, des spahis algériens, des marsouins venus des Antilles, des Calédoniens et des Indochinois du bataillon du Pacifique, des Africains et des Malgaches, des Noirs et des Musulmans. Une grande majorité de jeunes hommes qui, pour la première fois de leur vie, arrivent dans cette métropole dont on leur a inculqué qu’elle était l’alpha et l’oméga de la civilisation.  Le plus gros contingent venait des départements de l’Algérie, qui, en ce temps-là était partie intégrante du territoire français. Environ 80 0000 Pieds-Noirs et près de 100 000 Maghrébins de confession musulmane.

Le populisme xénophobe se nourrit d’une dichotomie facile et de schématiques lectures. On gomme systématiquement les nuances et on omet les faits avérés mais dérangeants dans l’argumentaire dogmatique. On peut nommer les Grecs mais on oublie les Algériens. Une poignée contre des dizaines de milliers. Cherchez l’erreur. Encore un détail de l’histoire qui ne mérite pas qu’on s’y attarde. 55 000 morts durant la seconde guerre mondiale venaient d’Afrique Noire et du Maghreb. Difficiles à effacer comme dans les photos retouchées du Politburo, mais notre premier magistrat n’a que faire de la vérité historique.

Il y eut encore, dans ce discours, les petites phrases politiques sur les temps actuels. Une fois de plus, la menace islamique fut brandie à des fins d’amalgames douteux et sectaires qu’on se garde bien de nommer. Et, bien que cet ostracisme soit collé à la harangue comme une sangsue, Monsieur Lansade n’en appelle pas moins, avec des trémolos bellicistes dans la voix, à l’unité de la nation. On se doute qu’il s’agit d’une unité contre un ennemi non déclaré mais que les troupes reconnaîtront et non un appel à la fraternité et à la cohésion sociale qui refuserait les raccourcis douteux et les extrapolations faciles.

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Du coq à l’âne

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Depuis plusieurs années, notre bonne ville se reposait de l’afflux touristique estival pour fêter, presque entre nous, l’animation organisée en septembre sur la place de la République en présence de nos plus respectables associations locales.

Or ne voilà-t-il pas que cette joyeuse réunion change de nom et de lieu.

Soyons francs avec nous-mêmes. On se demande bien qui a pu inventer ce nom de Fête du Coq si pathétique ? Oh, ne cherchons pas bien loin ; de petits esprits où ne pétillait aucune étincelle d’extravagance, de modernisme ou d’imagination. Des mentalités étriquées, des gagne-petits chauvins et nombrilistes !  Qui ne voyaient pas plus loin que le pan de leur chemise et basaient leurs décisions sur de vieilles légendes rétrogrades. Tout cela pour une simple homophonie (eh non ce n’est pas un délit!) qui liait notre ville à ce volatile.

Comme si Châteauroux avait sa Fête du Chat, Chinon, sa Fête du Chien et Le Pouliguen sa Fête de la Poule ! Et Port-de-Bouc, sa Fête du Porc et du Bouc réunis ! De grâce !

Bien en a pris à nos édiles, que ce soit Monsieur le Maire ou Monsieur l’Adjoint à la Culture, de mettre un terme à ces turpitudes de jeux de mots éculés et ringards. Un esprit attentif leur aura signalé qu’au lieu de se contenter d’un simple week-end, les Chinois venaient de l’emprunter pour une année entière. Nous imaginons les soirées de cogitation intense, les séances de brain-storming pour parvenir à trouver un nom original, symbolique et percutant à notre fête de Septembre. Le résultat est absolument brillant et nous ne pouvons que rester bouche bée devant une telle virtuosité sortie de nos cerveaux municipaux en ébullition.

Ainsi, par un coup de génie (il ne faut pas mâcher nos mots), notre pôvre fête de gallinacée s’appellera dorénavant la Foire Provençale !  Que les Dieux en soient bénis, en voilà une trouvaille qui en laissera plus d’un marri ! Tous ces opposants systématiques en seront pour leurs frais, ils resteront cois devant une telle subtilité mêlée de sens aigu du marketing. On se frappe le front en se disant « pourquoi personne n’y avait pensé plus tôt ! »

Et tout le monde le sait, les coups de génie vont par paire, cette fête aura lieu place de boules. Loin des ors de la mairie et des falbalas de la république ! Quelle riche idée n’avait-on pas eu déjà à éliminer cette malencontreuse fontaine qui tant de maux et tant de mots avait généré. Une doublette gagnante ; tire et pointe, le petit envoyé rejoindre la polaire, là-haut dans la voie lactée. Les médisants, sur le cul par tant d’audace, n’ont plus qu’à embrasser les fesses de la Fanny. Ce repositionnement n’a, on s’en doute, rien à voir avec une quelconque cérémonie de mariage en grande pompe qui se déroulera le même jour sur le parvis municipal.

Quoiqu’il en soit, nous avons eu accès, par d’étranges voies que le secret journalistique nous empêche de révéler, au plan de la Foire Provençale et nous vous le donnons en mille : où n’est positionné aucun des stands associatifs qui ceinturent (presque) la place Victor Hugo ?

A ce coq de malheur, dire qu’il bat de l’aile est un euphémisme : notre majorité municipale lui a volé dans les plumes et tordu le cou, qu’il ne peut même plus gigoter du croupion.

Colingo ne veut pas être mauvaise langue, mais nous espérons que notre bande de geeks à la municipalité aura eu la bonne idée, une fois reposés de tant d’efforts intellectuels, de déposer le terme de Foire Provençale à l’INPI. Sinon, il y a fort à parier que d’autres communes en mal d’inspiration ne se l’approprient sans verser une quelconque indemnité compensatoire à la commune. Ce qui serait dommage, n’est-ce-pas, pour une aussi riche trouvaille et une cité aussi endettée que la nôtre.

Cahier de vacances, second degré

La rédaction de Colingo Maire Taire prend des vacances mais ne vous laisse pas sans lecture hebdomadaire. Pour changer un peu, nous vous proposons des mots-croisés d’été. Avec, toujours, une petite dose d’impertinence et une bonne occasion de relire nos anciens articles … La solution de la semaine dernière se trouve à la fin de l’article.

Horizontalement :

I – Ne vous fiez pas à son nom (en instance d’être modifié), il est aussi trompeur que Monsieur Lansade – II – Même la moitié, c’est déjà trop pour Monsieur le Maire ; Des variétés de verbes dans le désordre ; Sex-symbol pour anciens – III – Positions russes fréquentes à l’ONU ; Celui qui nous exaspère – IV – Ville saharienne ; Voir le billet « De la sécurité de nos enfants » – V – Début d’excellence latine ; Réformiste ou non ? ; Mesure les recettes – VI – Arbre décoratif ; Le modèle de Marc-Étienne ; Sera en baisse localement aux dires de Monsieur Lansade – VII – Encore un que Monsieur Lansade n’aimerait pas ; Moitié de glace dominicale ; Reconnaissant ou soumis, c’est selon – VIII – Ira en enfer sans ordre ; On s’y arrête qu’on soit en voiture ou en train – IX – Jus décomposés – X – Chose latine ; Instrument de torture qui vous met sur les charbons ardents – XI – Tiers de devise ; C’est la fin d’un expert du couteau – XII – Tour à tour fêtée et vilipendée ; Aurait été ouverte au public par la nouvelle locataire du 46 de la rue Nationale – XIII – Il en est question dans « La révolte des brebis » : Crie sans queue ni tête selon le billet « Vol au-dessus d’un nid de cocus » ; Spécialiste – XIV – Celui du premier 4 ne se laisse pas marcher sur les pieds ; A voir ou à compter – XV – A une balle sur la tête ; Fortiche ; Spécialité de Monsieur Garnier fils.

Verticalement :

1 – En liaison avec le second IV ;  Pas toujours fiable aux élections – 2 – Romains ; on le fait quand on désapprouve ; Ville espagnole – 3 –  Ce n’est pas Mare Nostrum ; Symbole chimique ; Monsieur Lansade souvent en use trop – 4 – Voir le billet « Les zadistes de Notre-Dame » ; N’a rien à voir avec un constructeur de voitures – 5 – Récemment Monsieur Lansade de deux façons ; Le temps coule … ; Symbole du soleil – 6 – Moitié de titre de Zola ; Mon fils, tous les péchés ! – 7 – Boisson anglaise ; Plus d’une nous conte Monsieur le Maire ; Vache cul par dessus tête – 8 – Voir le billet « La grande tombola de Noël » ; Brexit ; Entre à Prague en 68 – 9 – Court pour l’activité de Monsieur Lansade ; La suite du premier 4 – 10 – Mauvaise ou saint ; petite boite anglaise ; consonnes en palindrome sans grande signification – 11 – Petit fruit en consonance ; Outil pédagogique ; Veni, vidi, vici façon moderne – 12 – Plus célèbre que Taillat ou Camarat – Unité de mesure préférée de Monsieur Lansade – 13 – Le plus souvent, déclarations de Trump ; Adressées à beaucoup trop d’inconnus ; A moitié déesse – 14 – Va avec la tête ou le pied ; Monsieur le Maire en voit partout ; Liquides, elles ont besoin d’un traitement – 15 – Honni par Monsieur Lansade ; Vilipendée par Monsieur Lansade .

(survolez l’image avec la souris pour faire apparaître la solution)

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